Un roman noir de la collaboration | Causeur

Un roman noir de la collaboration

Sur “L’affaire Léon Sadorski” de Romain Slocombe

Auteur

Marie Céhère

Marie Céhère
Sophistique, littérature.

Publié le 29 octobre 2016 / Culture

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affaire sadorski romain slocombe

Romain Slocombe, L’Affaire Léon Sadorski, Robert Laffont (couverture)

Être un bon flic, en avril 1942, c’est être Léon Sadorski, chargé aux Renseignements Généraux d’identifier les Juifs, de les arrêter et de les interner en vue de leur déportation vers les camps d’Europe de l’Est. Prime à la quantité ! C’est pourquoi il s’autorise quelques fantaisies dans ses rapports et quelques abus en matière de délit de gueule de Juif.

Un printemps cocasse et précoce s’invite à Paris, où l’on circule plus volontiers sur la terre ferme que dans les rames de métro bondées. Cela tombe bien, grâce à l’argent soutiré à une famille juive en échange de sa tranquillité (qui sera menacée, de toute façon), Léon offrira à sa femme Yvette une bicyclette neuve et de la lingerie fine achetée au marché noir.

Il n’en a pas le temps. La Gestapo l’arrête, lui et un ancien commissaire français, et les emmène à Berlin, dans la sinistre et célèbre prison de l’Alexanderplatz.

Sadorski tourne et retourne l’affaire dans sa tête, il ne parvient pas à comprendre ce qu’on lui reproche. Il est un bon élément, un bon antisémite, un parfait anti-communiste et antigaulliste, il respecte le pouvoir de l’Occupant et ses ordres, il sait même l’allemand mais se garde de le montrer. Alors, pour passer le temps, il balance aux nazis ses indicateurs, d’éventuels agents doubles, il balance ses codétenus quand il en surprend en train de s’échanger des messages codés, il envoie quelques hommes et femmes à la mort, histoire de.

Cela ne suffit visiblement pas aux Allemands. Au terme de plusieurs semaines, Sadorski, qui jure sur ses grands dieux ne pas avoir le moindre aïeul juif, est reconduit à Paris où il devra jouer le rôle d’agent infiltré pour le compte de la Gestapo.

C’est la grande vie. La chaleur de Paris, la beauté de sa très jeune voisine dont la mère vient d’être envoyée à Drancy, les quelques trafics auquel il se livre, les lettres de dénonciation qu’il envoie pour s’amuser requinquent l’inspecteur Sadorski. Il fait même preuve d’une espèce de sens du devoir, lorsqu’il jure de venger de sa main le meurtrier d’une jeune femme retrouvée sauvagement assassinée près d’une voie de chemin de fer. Cette affaire le mêle aux milieux les plus orduriers de la collaboration, dans les hôtels particuliers du XVIème arrondissement tapissés de fleurs et de portraits du Führer, où l’on boit du champagne avec des actrices et des parrains de la mafia corse.

Sadorski finit par résoudre l’énigme, à demi orchestrée par le contingent allemand lui-même. Les devinettes sont visiblement son fort, mais une fois la vengeance accomplie, le rideau tombe. Il retrouve sa femme, sa jeune voisine qui étrenne son étoile jaune, son bureau aux RG et sa bonne conscience.

Léon Sadorski, librement inspiré de Louis Sadosky, personnage découvert par Romain Slocombe dans les archives de la préfecture de police, a la conscience la plus tranquille du monde. Agent double ou triple, menteur, traître, corrompu, c’est le meilleur des enquêteurs, l’un des plus respectés par sa hiérarchie.

Que tirer de ces cint cent pages d’horreurs magistralement restituées ? Il est facile de rester sans voix.

Que beaucoup de ceux qui disaient n’avoir qu’obéi aux ordres savaient. Que cela leur faisait plaisir, ou, à défaut, les arrangeait pour une raison ou une autre. Que la France devrait avoir mauvaise conscience.

Romain Slocombe, L’Affaire Léon Sadorski, Robert Laffont (La Bête Noire), 512 pages.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 2 Novembre 2016 à 20h33

      Gyul dit

      J’ai bien peur qu’au delà de ma personne, votre piètre estime s’étende non seulement à mes collègues mais aussi aux ouvrages de statistiques couramment utilisés par des générations d’étudiants. Venez à Jussieu ! Je suis sûr que vos bons conseils nous feront du bien.

    • 31 Octobre 2016 à 13h48

      Romain Slocombe dit

      @ thd o : en effet je soutiens Mélenchon plutôt contre la “déferlante néolibérale”. J’ignore quelle est sa position sur les frontières actuellement, je pense qu’il a un peu évolué. Quant à Olpinski il était effectivement agent de la Gestapo, mais pas que. Sadosky a dû informer les Allemands aussi sur des antinazis authentiques, comme le journaliste Fritz Drach, finalement kidnappé par des agents de la Gestapo à Nîmes en 1943 et qui s’est suicidé le soir même dans sa cellule. Quoi qu’il en soit, au vu des activités de Sadosky (son dossier aux Archives nationales est accablant, même si cet inspecteur des RG a trinqué pour ses collègues moins sévèrement épurés), je m’estime autorisé à en faire un portrait assez sombre (tout en changeant un peu son nom). Mais lisez mon bouquin, vous verrez, tout le monde en prend pour son grade ! C’est une fiction bien noire, basée sur les archives policières, pas un roman “à message” ! Cordialement. rs

      • 31 Octobre 2016 à 15h22

        thd o dit

        Entendu, je le lirai peut-être (je n’aime pas trop les romans historiques en général, je préfère les historiens).

        Mais vous voyez bien que la greluche Céhère par exemple extrapole de là à la France entière, donc il ne faut pas trop charger la barque même sur un Sadosky. Sans quoi les nunuches construisent elles-mêmes leur propre roman à message, tout comme les élèves construisent leur propre savoir (il me semble que Mélenchon combat aussi cette théorie pédagogiste, en quoi il a bien raison).

    • 31 Octobre 2016 à 12h14

      Romain Slocombe dit

      Merci Gyul, et merci @ thd o pour votre mise au point. Laquelle appelle 2 ou 3 précisions de ma part (sans vouloir argumenter ad vitam aeternam ; et tout à fait cordialement) : 1. J’ai lu Berlière, communiqué fréquemment avec lui par email et téléphone lorsque j’écrivais mon roman, il est cité abondamment et remercié dans ma bibliographie. Je pense que polémiquer sur “les Français ont participé activement à la déportation” ou “les Français ont courageusement protégé les Juifs, sinon ç’eût été encore pire” revient à affirmer “mon verre est à moitié plein” ou “mon verre est à moitié vide”. Il existe pléthore d’arguments dans les deux sens, et je n’étais pas né à l’époque pour témoigner. Mes recherches personnelles me conduisent néanmoins à penser qu’on peut très bien dire, comme Marie Céhère, qu’il y a de quoi avoir honte — dans l’autre sens aussi, car les comportements des foules durant la Libération et l’épuration (lynchages, femmes tondues, appartements pillés par des résistants, viols) n’ont pas été beaux non plus. Les lettres de dénonciation envoyées à la Gestapo ou au Commissariat aux questions juives durant l’Occupation sont en tout cas une réalité indiscutable. 2. Que Sadosky ait entendu une fois seulement, ou plusieurs fois, à Berlin que les Juifs allaient être exterminés, revient au même. Louis Sadosky SAVAIT. Il le dit dans son rapport en 1942. 3. Sadosky a dénoncé ses indicateurs aux Allemands, notamment Olpinski, il le reconnaît lui-même (voir Laurent Joly). Il prétend qu’il a beaucoup souffert de cette trahison. Le fait que les Allemands aient libéré Sadosky prouve du reste qu’il avait accédé à leurs demandes. Plus tard il s’est vanté à Paris “d’avoir l’oreille des Boches”. En revanche, j’ai inventé sa délation d’un co-détenu juif. C’est pour cela, d’ailleurs, que j’ai modifié le nom du personnage “Léon Sadorski”. 3. J’ai signé une pétition d’auteurs de polar en soutien à Mélenchon en 2012, mais je ne suis aucunement militant du Front de gauche.

      • 31 Octobre 2016 à 12h39

        thd o dit

        1. les lettres de dénonciation sont loin de concerner les seuls juifs, et une étude de Laurent Joly montre que les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs (4% des lettres dans une étude qu’il a faite). Vous trouvez aussi des lettres de délation de gendarmes, comme ici dans le livre que j’ai déjà cité :

        “Clermont-Ferrand, 15/10/44 : la population veut que l’épuration ait lieu, mais est inquiète que les FFI s’en mêlent.
        En décembre 44, un gendarme B. et sa femme sont mis en cause dans une affaire de dénonciation :
        « En janvier 44, par lettre anonyme adressée à la Kommandantur de Clermont-Ferrand, accusé le maréchal des logis-chef Brette d’être un espion à la solde de l’Angleterre et de favoriser les réfractaires (lettre interceptée par le receveur des postes de Giat)
        En février 44, par lettre anonyme adressée à la Kommandantur de Clermont-Ferrand, accusé le maréchal des logis-chef Brette et le gendarme Klein de favoriser les anglo-saxons et compromis M. Roche, commerçant à Giat, en signant cette lettre du nom de Roche (lettre interceptée par le receveur des postes à Giat)
        En mai 44, d’avoir simulé, toujours en employant des lettres et un paquet anonyme, des menaces envers le gendarme B. lui-même » Le chef d’escadron émet l’avis de le traduire devant le tribunal compétent et de l’incarcérer.”

        dont vous voyez qu’elles ont été bloquées par un receveur des postes.

        Ces lettres anonymes sont une manifestation de la nature humaine plus qu’une caractéristique de la France, et on voit donc mal en quoi la France devrait en avoir honte…

        2. Cf ma réponse ci-dessous à l’énergumène Gyul

        • 31 Octobre 2016 à 18h03

          Gyul dit

          Pourriez-vous SVP donner la référence de cette “étude de Laurent Joly [qui] montre que les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs”. Merci d’avance.

        • 31 Octobre 2016 à 18h14

          thd o dit

        • 31 Octobre 2016 à 21h45

          Gyul dit

          Pourriez-vous me dire SVP à quel endroit, dans l’étude de Laurent Joly que vous indiquez, se trouvent les chiffres que vous avancez, montrant que “les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs” ? Je ne les trouve pas. Merci d’avance.
          https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2007-4-page-137.htm

        • 1 Novembre 2016 à 4h07

          thd o dit

          Pourriez-vous SVP me dire si vous arrivez à distinguer dans le texte la ligne suivante :

          “Enfin, on constate que 2 des 106 lettres sont l’œuvre de juifs.”

          que vous pouvez, le cas échéant, trouver plus facilement en utilisant la fonction Edition / Rechercher de votre navigateur ? Merci d’avance.

        • 1 Novembre 2016 à 9h21

          Gyul dit

          Je lis en effet (dans la section 29 de l’article de L. Joly) que dans un échantillon de 106 lettres de dénonciation de juifs adressées au Commissariat Général aux Questions Juives il y avait 2 lettres envoyées par des juifs.
          Pour que je puisse comprendre comment vous en déduisez que “les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs” pourriez vous finalement indiquer où dans l’article se trouve le chiffre de 0.75% ? Merci d’avance.

        • 1 Novembre 2016 à 11h31

          thd o dit

          Pourriez-vous m’indiquer SVP si vous connaissez la population de la France en 1940, et la population juive de la France en 1940 ? Merci d’avance.
          Pourriez-vous dans ce cas m’indiquer, SVP, si vous pouvez en déduire le pourcentage de juifs dans la population française en 1940, et conclure à partir des chiffres concernant plus spécifiquement l’article de Laurent Joly ? Merci d’avance.

        • 1 Novembre 2016 à 18h30

          Gyul dit

          Pour la population de la France en 1940 Wikipedia donne le chiffre N = 40 690 000. La population juive tournait alors autour de 300 000 soit 0,74 % de N. Compte tenu de l’incertitude sur les deux chiffres, on peut aussi bien dire comme vous 0.75% .
          Vous vous proposez donc de comparer 0.75% avec le pourcentage p de dénonciations de juifs par d’autres juifs (p est égal au nombre x de telles dénonciations divisé par 300 000). Comme x est inconnu, vous vous tournez vers un échantillon de 106 dénonciations et vous décidez que le pourcentage parmi les 300 000 est le même que celui qu’on observe parmi les 106 (2 sur 106 soit environ 2%). Mais ce faisant vous ne tenez pas compte de l’existence d’une marge d’erreur, qui dépend de la taille de l’échantillon.
          Or le calcul montre que la marge d’erreur sur un pourcentage de 2% observé dans un échantillon de taille =106 dépasse l’écart entre 2% et 0.75% !
          Votre conclusion à partir des chiffres de l’article de Laurent Joly est donc sans fondement. De plus la marge d’erreur est telle qu’on ne peut pas non plus affirmer que p est signicativement différent de zéro.

        • 1 Novembre 2016 à 20h59

          thd o dit

          Non, ce n’est pas le cas. Avec une taille d’échantillon de 100, et autour de 0,02, on a avec un peu plus de 50% de chances une marge d’erreur de 1%.

          Vous appliquez la formule :

          n = t² * p * (1-p) / m²

          avec t=0,68 ; p=0,02 ; et m=0,01, qui donne une taille minimum d’échantillon de 90, et 0,68 correspond au niveau de confiance 50%.

        • 1 Novembre 2016 à 21h07

          thd o dit

          Par ailleurs, ce n’est vraiment pas le point le plus important de mon message.
          Le nombre de lettres de dénonciations venant de cette population, sur la base des données de l’article, était probablement un peu plus élevé que la moyenne. S’il était en fait un peu moins élevé, ce qui est moins probable sur la base de ces données, cela ne change pas grand chose au fait qu’il y en avait.
          Et cela montre, comme d’ailleurs le début du paragraphe “quelques données générales” du texte de Joly, que l’existence de lettres de dénonciation est une manifestation de la nature humaine plus qu’une caractéristique de la France, et qu’on voit donc mal en quoi la France devrait en avoir honte.

          Naturellement, on pourra toujours trouver des chevaliers à la triste figure pour essayer de démontrer le contraire. Dans quel but ? Rancoeur inavouable, volonté de domination, méchanceté ? Toutes propriétés qui sont justement ce qu’on reproche habituellement aux délateurs…

        • 1 Novembre 2016 à 23h58

          Gyul dit

          En choisissant t=0.68 vous avez une chance sur deux pour que votre conclusion soit erronée (niveau de confiance à 50%). Généralement on choisit de se prononcer avec un niveau de confiance de 95% ; la marge d’erreur m sur un pourcentage de 2% pour un échantillon de taille 106 dépasse alors le pourcentage estimé et on ne peut pas arriver à votre conclusion. Tout ce qu’on peut dire c’est que le pourcentage de délateurs de juifs chez les juifs est très probablement (95% de chances) compris entre 0 et (2+m)%.
          Mais ces calculs vous sont familiers, alors pourquoi voulez-vous tellement nous persuader que les juifs dénonçaient leurs coreligionnaires plus ou moins autant que les dénonciateurs non-juifs ? Pourquoi le redire encore dans votre 21h07 du 1er novembre ? Surtout si là n’est pas le point le plus important de votre message.

        • 2 Novembre 2016 à 1h28

          thd o dit

          On ne “choisit pas généralement de se prononcer à 95%”, on peut conclure dans le sens que j’indique quand on a une probabilité supérieure à 50%, ce qui est le cas ici.

          Je vois que vous continuez à pinailler, au lieu de tenir compte du conseil d’introspection que je vous donne.

        • 2 Novembre 2016 à 11h14

          Gyul dit

          Contrairement à ce que vous faites on n’utilise jamais dans la vie professionnelle l’intervalle de confiance à 50% de chances, car cela reviendrait à tirer une conclusion à pile ou face.
          Mais puisque vous avez besoin d’affirmer qu’une étude de Laurent Joly “montre que les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs” tant pis s’il y a autant de chances qu’on puisse affirmer le contraire, ce que vous auriez pu avoir l’honnêteté de dire.
          Il y a quelque chose de curieux dans votre obstination à noircir des gens qui étaient surreprésentés dans ceux qui cherchaient surtout à passer inaperçus. Vu votre obstination en parallèle à blanchir un collaborateur furieusement antisémite comme Sadosky, vous donnez la désagréable impression de ne pas être objectif. J’hésite entre deux hypothèses :
          - vous cherchez à vous faire fâcheusement remarquer par des propos bizarres, ce qui définit un olibrius (petit Robert)
          - ou alors vous avez un problème juif.
          Il vous reste à me conseiller délicatement, comme à Politshouk ailleurs sur ce fil, d’aller me “faire foutre (en Palestine par exemple)”.

        • 2 Novembre 2016 à 13h49

          thd o dit

          Mais on n’est pas à 50%, on est à plus de 50% : car l’échantillon est supérieur aux 90 requis pour être à 50%, et car la marge d’erreur est un peu supérieure à 1%.
          Donc, on est à une valeur supérieure à 50%, 55% pour fixer les idées.
          Dans la “vie professionnelle” c’est à dire celle des sondeurs, on utilise une valeur de 95% car on veut répondre à la question : dans quelle plage se trouve la vraie fréquence, et dans ce cas on a intérêt à choisir une fréquence assez haute pour être le plus souvent possible dans la plage.
          Mais ici, on veut répondre à une autre question : est-ce que la vraie fréquence est supérieure à 0,75% ? Et, avec une probabilité de 0,55, c’est le cas. Tout simplement.

        • 2 Novembre 2016 à 18h50

          Gyul dit

          Vous trouvez qu’un test est fiable si le risque d’erreur est < 50% ? (45% vous suffit largement n'est-ce pas?), alors n'oubliez pas de le dire aux labos quand vous aurez besoin de passer des tests médicaux fiables, car ils sont beaucoup plus exigeants que vous et travaillent avec des risques d'erreurs beaucoup plus faibles…
          Regardez dans n'importe quel cours de Stats sur les tests, on y donne les valeurs critiques de t pour des risques 1%, 5%, et au maximum 10%. Pas 50%.
          Enfin bon, je ne fais que répéter ici ce qu'une vingtaine de collègues statisticiens enseignent depuis des années aux étudiants à l'UPMC. Passez donc nous voir à l'occasion, on pourra discuter beaucoup mieux que sur internet.

        • 2 Novembre 2016 à 19h22

          thd o dit

          Pouvez-vous contester que la probabilité que la fréquence soit supérieure à 0,75% est supérieure à 1/2 ?

          J’avais l’habitude de tenir en piètre estime les universitaires en sociologie, je serais consterné de devoir en faire de même pour un (supposé) statisticien de l’UPMC.

          Il ne s’agit pas ici de concevoir des médicaments, personne ne va mourir empoisonné si nous sommes dans les 45%. Dans le pire des cas, certains militants de la repentance à sens unique seront ramenés de manière excessivement sévère à un peu plus de modestie par le rappel de l’origine des lettres de délation. Ce qui ne leur fera pas de mal, pas plus qu’à vous d’ailleurs.

        • 2 Novembre 2016 à 23h22

          Gyul dit

          “Pouvez-vous contester que la probabilité que la fréquence soit supérieure à 0,75% est supérieure à 1/2 ?”
          En Statistiques une affirmation comme “la probabilité que la fréquence soit supérieure à 0,75% est supérieure à 1/2″ n’est exacte que si ladite fréquence est la vraie fréquence c’est-à-dire la fréquence dans la population, pas celle observée dans un échantillon. Quand on part d’un échantillon, étant donné qu’on remplace dans les formules les vraies valeurs (inconnues) par des estimations, aucune affirmation n’est certaine, mais faite avec un niveau de confiance limité (qu’on peut lui aussi estimer). Quand vous remplacez p par 0.02 dans les formules, le résultat est approché. De plus la valeur de t varie fortement (en gros en 1/racine de p) en fonction de p pour les petites valeurs de p donc votre test, indépendamment du fait qu’il se base sur un intervalle à 1 seul écart-type au lieu de 2, est très imprécis.
          Attention : à partir de maintenant mes leçons deviennent payantes.

        • 3 Novembre 2016 à 16h49

          thd o dit

          OK, j’y ai réfléchi et effectivement on ne peut pas raisonner comme je l’ai indiqué. Mais pas pour les raisons que vous mentionnez.
          La formule n = t² * p * (1-p) / m² vient de l’approximation d’une distribution binomiale par une gaussienne, mais cette approximation n’est bonne que pour np>10 (ou 5 dans un livre de Saporta), donc il faudrait au moins 1 000 lettres (ou 500) pour aller jusqu’à une fréquence de 0,1%.
          Je vous renvoie donc à mon message du 1/11 à 21h07.

        • 3 Novembre 2016 à 23h15

          Gyul dit

          thd o :
          “OK, j’y ai réfléchi et effectivement on ne peut pas raisonner comme je l’ai indiqué.”

          Oui, vous avez eu tort de prétendre que : “une étude de Laurent Joly montre que les juifs sont surreprésentés dans les auteurs de lettres de délation de juifs”.

          thd o :
          “Je vous renvoie donc à mon message du 1/11 à 21h07.”

          et moi à votre message du 2/11 à 19h22 :
          “personne ne va mourir empoisonné si nous sommes dans les 45% [les 45% des cas où la conclusion est fausse]. Dans le pire des cas, certains militants de la repentance à sens unique seront ramenés de manière excessivement sévère à un peu plus de modestie par le rappel de l’origine des lettres de délation. Ce qui ne leur fera pas de mal, pas plus qu’à vous d’ailleurs.”
          Ainsi vous pensez que lorsque vous médisez des juifs ça ne peut pas faire de mal! Et même que ça peut me faire du bien à moi personnellement!!
          Allez, laissez donc tomber les Juifs… franchement ça ne vous réussit pas!

      • 31 Octobre 2016 à 12h42

        thd o dit

        3. Mais si ma mémoire est bonne, cet Olpinski est un agent allemand, dont Joly montre une photo en uniforme au siège de la SS avant guerre (de mémoire, je n’ai plus le livre sous les yeux), qui avait essayé de doubler les Allemands dans une affaire de marché noir et était la cause de l’arrestation des 2 flics français…ce qui change quelque peu les choses.

        3bis. oui, enfin vos opinions sont d’un parti bien à gauche et vous les avez rendues publiques, donc je n’ai pas tort de les citer. Mélenchon lui-même s’était distingué, dans la campagne de 2012, par ses déclarations fracassantes sur les frontières (notamment entre la France et le sud de la Méditerranée).

        • 31 Octobre 2016 à 13h12

          thd o dit

          même si, naturellement, on peut voter pour Mélenchon pour contrer la déferlante néolibérale, et pas par goût de ses positions sur les frontières.

    • 31 Octobre 2016 à 2h07

      Gyul dit

      @ thd o

      Vous donnez deux noms d’historiens (Joly, Berlière) c’est bien.
      Si vous les aviez lus ce serait mieux.
      Romain Slocombe rappelle que dans le livre “Berlin 1942″ préfacé par Laurent Joly, Sadosky rapporte (chapitre 6) la réponse qui lui est faite par les inspecteurs de police, parmi lesquels l’inspecteur Anders, à sa question sur le sort des Juifs allemands déportés vers l’Est : “l’intention du chancelier Hitler est la destruction complète et à jamais de la race. A l’Est, les Juifs ne vivent pas longtemps.”
      A son retour à Paris, Sadosky savait donc pertinemment ce qui attendait les Juifs qu’il faisait arrêter. Ce qui n’était pas le cas du flic de base qui arrêtait. Si vous aviez lu les travaux de Berlière vous vous seriez aperçu qu’ils portent sur les agents de police, pas sur leurs responsables hiérarchiques comme Sadosky.
      Bref vous balancez des noms d’historiens sans les avoir lus, en espérant qu’on prendra au sérieux vos obsessions cousues de fil brun . Vous êtes juste bidon.

      • 31 Octobre 2016 à 5h36

        thd o dit

        J’ai lu Berlière et Joly, je n’en tire pas les mêmes conclusions que vous.

        S’agissant de Berlière, il est d’ailleurs facile de voir qui a raison :

        http://siteedc.edechambost.net/Paxton/Jean-Marc_Berliere_Paxton_Klarsfeld.html

        Vous êtes juste bidon. je vous retourne donc le compliment.

        • 31 Octobre 2016 à 12h03

          Gyul dit

          Si vous avez vraiment lu le passage que je cite (in “Berlin 1942″ édition de 2014, page 138) du rapport de Sadosky à ses supérieurs des RG, et si vous en tirez la conclusion que “Le 5/2/45, on ignore encore apparemment, le sort des déportés raciaux” en citant une phrase que vous avez lue chez Berlière où “on” ne s’applique pas à Sadosky, on peut se demander si vous comprenez ce que vous lisez.

        • 31 Octobre 2016 à 12h59

          thd o dit

          Je n’ai pas dit que “on” s’appliquait à Sadosky, mais bien aux policiers en général, dans le cas présent aux deux types de la commission d’épuration, apparemment corrigés par personne.

          L’information sur ce que signifiait la déportation raciale (et, comme le montre l’autre extrait, la déportation politique) était fragmentaire, d’une crédibilité faible et elle s’est progressivement diffusée dans la société française. Mais, le 5/2/45 par exemple, elle était encore manifestement mal connue.

          S’agissant de Sadosky, je pense que vous surinterprétez ce qu’on peut comprendre de la phrase car vous la voyez avec ce que vous savez aujourd’hui. D’autre part, c’est une phrase qui lui est dite par hasard, par un quidam procédant à une arrestation dans les rues de Berlin.

    • 31 Octobre 2016 à 0h08

      Romain Slocombe dit

      Je souhaite apporter quelques remarques et rectifications, notamment à un des commentaires de thd o : 1. il est exact que Louis Sadosky a été “découvert” non par moi mais par l’historien Laurent Joly, auteur du livre “Berlin 1942, Louis Sadosky brigadier-chef des RG” (CNRS éditions, 2009). Je m’en explique d’ailleurs en tête de la bibliographie à la fin de mon roman. 2. Sadosky est justement un exemple des Français qui “savaient” au sujet de la Solution finale, il raconte lui-même dans son rapport conservé aux Archives nationales et reproduit dans le livre de Joly, comment à Berlin ses collègues allemands de la Gestapo lui ont parlé de l’extermination programmée des Juifs.(voir l’ouvrage cité de L. Joly, et “Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus”, Ivan Jablonka, Seuil, 2012, p. 287) 3. Cette connaissance du sort final des déportés n’a pas empêché Louis Sadosky de poursuivre sa besogne en faisant du zèle, notamment en rajoutant des affirmations fausses sur des fiches de Juifs arrêtés : “Membre de la IIIe Internationale”, “Dangereux pour l’ordre public”, etc. afin que ces personnes figurent en priorité sur les listes d’otages à fusiller que lui réclamaient les Allemands par l’intermédiaire de ses chefs français, notamment le commissaire Lanteaume des RG (j’ai vu les originaux de ces fiches dans le dossier Sadosky aux Archives nationales, N° 2050, Cour de justice de la Seine). 4. Je n’ai jamais été un militant du Front de gauche, j’ignore où vous avez pêché cette information fantaisiste. Je ne suis donc pas non plus un “militant sans-frontiériste” (je serais plutôt favorable à un retour aux frontières intra-européennes”, et le livre sur lequel Marie Céhère a écrit son article est un roman — qui a d’ailleurs figuré cet automne sur la 1ere sélection du Goncourt. Appelez cela “délires” si vous voulez, mais il s’agit simplement d’une œuvre de FICTION basée sur une certaine réalité.

      • 31 Octobre 2016 à 5h31

        thd o dit

        1. Je ne doute pas que vous l’ayez indiqué dans votre bibliographie, mais l’article ne le précise pas, et c’est sur l’article que je commente. Par ailleurs si son compte-rendu est correct vous romancez quelque peu le personnage de Sadosky, en mal. Avez-vous des sources allemandes pour affirmer qu’il aurait dénoncé aux Allemands ses indicateurs et codétenus ? Sur la base du livre de Joly, j’avais plutôt retenu que c’est un de ses indicateur qui l’avait mis dans la panade, ainsi que le commissaire arrêté avec lui.

        2. J’ai lu le livre de Joly. C’est une phrase unique que lui a dite un policier à Berlin.

        4. Votre fiche Wikipedia indique que vous avez soutenu Mélenchon à la dernière présidentielle. Faites-la corriger si ce n’est pas vrai et si cela vous dérange, car elle est sans doute plus visible que mes commentaires ici.
        J’utilise le mot délire car comme je l’indique en 1 ce que dit l’article de votre livre ne me semble pas correspondre à ce que j’ai retenu du livre de Joly, et afin de souligner qu’il s’agit d’une oeuvre de fiction.

    • 30 Octobre 2016 à 17h58

      eclair dit

      l’auteur a compris que c’est un romain pas un documentaire?

    • 30 Octobre 2016 à 3h29

      politshouk dit

      Ce qui est remarquable dans les commentaires c’est la répétition du mot époque dans toutes ces formes et usages.
      C’était a l’époque.
      Ce qui veut bien sur insinuer pas aujourd’hui, si les allemands envahissaient la France une nouvelle foi personne, mais absolument personne, ne collaborerait avec eux et leur folie animale.
      Ah bon??

      • 30 Octobre 2016 à 4h46

        thd o dit

        Le mot époque apparait dans un commentaire sur 12 (en dehors du vôtre) et le sens dans lequel il est utilisé n’est pas du tout ce que vous en dites (puisqu’il est utilisé pour dire que les faits et gestes des Français d’il y a 75 ans ne nous sont pas immédiatement connus).

        Par contre, votre pseudonyme renvoie au système soviétique, dont la sauvagerie n’a rien à envier à celle des Allemands. Donc prenez vos bons conseils, carrez-vous les quelque part, et allez vous faire foutre (en Palestine par exemple).

        • 30 Octobre 2016 à 6h48

          politshouk dit

          La Pales….C’est ou?

        • 30 Octobre 2016 à 16h01

          isa dit

          Encore ici le petainiste collabo?
           

        • 30 Octobre 2016 à 17h16

          thd o dit

          Tiens, revoilà la vieille dame à l’acuité visuelle déclinante, qui confond les passants avec des pétainistes et Causeur avec Je suis partout…

      • 30 Octobre 2016 à 9h08

        clark gable dit

        Je vois pas qui résisterait de nos jours en tout cas , déjà qu`a cette époque les purs et durs étaient plutôt rare .

        • 30 Octobre 2016 à 9h20

          Singe bleu dit

          Et ceux qui résistaient venaient souvent de milieux surprenants.

        • 30 Octobre 2016 à 10h34

          thd o dit

          Votre remarque n’a pas grand sens, elle est inexacte et elle rentre dans le jeu du fouteur de merde politshouk.

          Elle n’a pas grand sens parce que la grande majorité des gens était opposée à l’occupation ; elle est inexacte parce que les gens qui en tirait même faiblement des conséquences concrètes n’était pas si peu nombreux ; elle rentre dans le jeu du fouteur de merde politshouk puisque d’une part vous acceptez que la France (plutôt que le fouteur de merde politshouk) aurait à rendre des comptes, et puisque d’autre part c’est bien avec des clichés comme ceux que lui et vous avancez qu’on fabrique la mentalité post-moderne actuelle.

          “ceux qui résistaient venaient souvent de milieux surprenants”

          Je ne sais pas ce que vous entendez par là. Dans cet atlas :

          http://www.crhq.cnrs.fr/_index.php?page=axes/sgm-atlas&suite=

          on donne quelques chiffres par milieux professionnels aussi bien sur les personnes ayant une carte de résistant que sur les membres des partis de collaboration et on n’y voit pas, a priori, de quoi soutenir votre remarque.

        • 30 Octobre 2016 à 11h33

          C. Canse dit

          Clark Gable

          Un organisme proche de l’ONU décomptait 20 millions d’armes de poing, en France de nos jours, “à notre époque”.

          Une autre source ramène ce nombre à 10 millions, peut-on penser que les 10 autres millions disparus seraient inutilisables ? 
          Chaque famille possèderait au moins une arme…

        • 30 Octobre 2016 à 17h43

          isa dit

          Vous m’avez pas l’air de première fraîcheur, mon pauvre Thdeo. Vous aviez quel âge sous Vichy?

      • 30 Octobre 2016 à 11h04

        C. Canse dit

        Politshouk

        Vous omettez, Madame, un point essentiel : les français avaient été désarmés en avril 39. 

      • 30 Octobre 2016 à 11h23

        C. Canse dit

        Madame Politshouk

        Sans nul doute, vous auriez bouté l’occupant avec vos petits poings, après avoir ouï des voix. Politshouk, nouvelle Jeanne d’Arc ?

    • 29 Octobre 2016 à 19h55

      Singe bleu dit

      Tiens, Romain Slocombe était un pote de l’ancienne éditrice de Moisson rouge

    • 29 Octobre 2016 à 18h29

      Surbranĉa Birdo dit

      Madame Céhère est une philosophe (on passe son temps comme on peut) mais ce n’est pas une historienne, autrement elle ne se renseignerait pas dans un roman pour connaitre l’état d’esprit qui régnait à une période déterminée (en l’occurrence l’Occupation) ; une œuvre de fiction, nous diraient Marc Bloch et Philippe Erlanger, est souvent d’un intérêt énorme pour nous renseigner sur les façons de sentir et de penser de l’époque où elle a été écrite mais elle ne nous apprend souvent rien sur l’époque dont elle est censée nous parler. Cette phrase stupide par exemple : « la France devrait avoir mauvaise conscience » n’explique rien sur l’état d’esprit pendant la guerre, mais c’est un excellent témoignage de cette mentalité de repentance et de masochisme dont nous sommes actuellement infectés.

    • 29 Octobre 2016 à 15h16

      thd o dit

      Louis Sadosky n’a pas été “découvert” par le militant du Front de gauche Slocombe, puisque Laurent Joly a publié un livre à son sujet en 2009, pour l’essentiel son rapport sur sa détention.

      La bonne manière de connaître cette période n’est sûrement pas de lire les délires d’un militant sans-frontiériste commentés par une jeune ignorante de 23 ans.

      Par exemple,

      “Que beaucoup de ceux qui disaient n’avoir qu’obéi aux ordres savaient. Que cela leur faisait plaisir, ou, à défaut, les arrangeait pour une raison ou une autre. Que la France devrait avoir mauvaise conscience.”

      se compare avec :

      “A son procès, le commissaire du gouvernement donne beaucoup d’importance aux décisions de la commission d’épuration : Weiss ayant été révoqué, il y voit une preuve de sa culpabilité, et demande en conséquence une peine de travaux forcés, en soulignant toutefois la responsabilité d’une des femmes que Weiss a arrêté pour défaut d’étoile : elle avait déjà reçu “plusieurs avertissements” (sic) ! Weiss affirme que cette femme, qu’il avait avertie à plusieurs reprises de ne pas sortir de son magasin en blouse et sans étoile, avait menacé d’aller le dénoncer à la Kommandantur, ce qui provoque cet échange avec le rapporteur de la CE : ‘Vous ne manquez pas de cynisme !
      - Soi-disant qu’elle travaillait pour les Allemands.
      - Vous savez ce que sont devenues ces femmes ? Elles ont été déportées en Allemagne !
      - Elles sont en train de mourir doucement là-bas’, ajoute un autre épurateur.
      Le 5/2/45, on ignore encore, apparemment, le sort des déportés raciaux.” Jean-Marc Berlière, les policiers sous l’Occupation

      Il s’agit du jugement et du passage devant la commission d’épuration de la PP du policier Weiss. Commission d’épuration de la PP constituée de communistes peu portés à l’indulgence envers ceux qui passaient devant eux.

      • 29 Octobre 2016 à 15h25

        thd o dit

        Et aussi ceci, basé sur les rapports de la gendarmerie :

        https://www.amazon.fr/Chronique-dune-France-occup%C3%A9e-confidentiels/dp/2749907810/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1477747431&sr=8-3&keywords=pontaut+pelletier

        Willy Pelletier, membre du mouvement Défense de la France, participe le 7 mars 44 au sabotage de carburant pour sous-marins. Il est arrêté le 3/5/44 par Gestapo et meurt sous la torture.

        «Nantes, le 4 mai 1944.
        Le 3 mai 44, vers 9h45, le gendarme Pelletier Willy de la brigade de Chantenay a été arrêté [...]
        Dans l’après-midi le chef [de la Sicherheitspolizei] m’avisait par téléphone que ses service avaient arrêté un de mes gendarmes, coupable de relations épistolaires avec le maquis du Morbihan, qu’il lui fournissait des renseignements nuisibles à la sécurité de l’armée allemande, que des lettres rédigées de sa main et qui ne laissaient aucun doute sur la nature de son action avaient été saisies, et qu’enfin il avait passé des aveux. Il n’apparaît cependant pas que son cas soit considéré comme extrêmement grave, puisque le chef de la police de sûreté n’envisage que l’internement du gendarme dans un camp de concentration. Enfin, il m’a semblé que la police allemande tendait à lier cette affaire à celle ayant amené récemment l’arrestation d’une douzaines de membres du corps urbain de police de Nantes qui aurait constitué un groupe de résistance.
        Nantes, le 16 mai 1944,
        Le gendarme Pelletier Willy de la brigade de Chantenay est décédé à l’hôpital Broussais, de Nantes, entièrement occupé par les autorités allemandes, le 10 mai 1944 à 21h30.
        Arrêté par la police de sûreté allemande le 3 mai 1944, il aurait eu, au cours d’un interrogatoire, une défaillance cardiaque qu’il n’aurait pu surmonter.
        Avant son arrestation, il jouissait d’une excellente santé. »

    • 29 Octobre 2016 à 13h17

      Villaterne dit

      « Que la France devrait avoir mauvaise conscience. »
      Pourquoi jeter l’opprobre sur un pays tout entier parce que certains de ses ressortissants se sont comportés comme des salauds ?
      De par son histoire la France a connu des hommes et femmes de grande qualité, lui dresse-t-on des lauriers pour autant ? Non. On préfère retenir que les salauds ! Il est d’ailleurs amusant de constater que cette culture de la pénitence, toute chrétienne, se retrouve souvent chez les anticathos.
      Car des salauds il y en a dans tous les pays, il suffit d’un mauvais terreau pour qu’ils s’expriment. La guerre de 40 a été ce terreau-là. Nul doute que si d’autres pays avaient connu la même situation ils auraient connu le même pourcentage. D’ailleurs certains l’ont connu, on leur fait moins de procès !
      La mauvaise conscience ? Elle est individuelle et les salauds ne l’ont pas sinon ce ne seraient pas des salauds !
      Les salauds n’ont pas de nationalité !

      • 29 Octobre 2016 à 13h39

        Singe bleu dit

        Et pourquoi entretenir encore et encore et encore la mauvaise conscience ?

      • 29 Octobre 2016 à 16h39

        BELMIC dit

        “Pourquoi jeter l’opprobre sur un pays tout entier”. Est-ce que l’auteur parle du “pays tout entier”? D’après vous il faut dire comme De Gaulle: TOUS RESISTANTS !
        Le problème est que ni la France, ni les Français n’ont Jamais fait un examen de conscience. Qu’il y avait des gens bien, ne doit pas cacher le fait qu’il y avait beaucoup des salauds!

        • 29 Octobre 2016 à 18h30

          thd o dit

          N’importe quoi.

          Le débat sur cette période de l’Occupation est vraiment la providence des aigris et des révolutionnaires en peau de lapin, qui se déchargent de leurs névroses ou de leur bile sur le dos de leur malheureux pays, en toute méconnaissance de cause.

        • 29 Octobre 2016 à 20h26

          Villaterne dit

          Avec Chirac la France a reconnu sa responsabilité dans la rafle du Vél d’hiv et la déportation des juifs. Avec Sarkozy elle a reconnu sa responsabilité dans le traitement réservé aux Harkis et elle vient de le faire avec Hollande pour l’internement des tsiganes. Tout ça approuvé par une majorité de français.
          Qu’est-ce que vous voulez de plus comme examen de conscience ?
          « Qu’il y avait des gens bien, ne doit pas cacher le fait qu’il y avait beaucoup des salauds! »
          C’est une phrase réversible comme un Kway, avec la différence qu’il y a eu plus de gens bien que de salauds. Ce n’est pas avec votre raisonnement qu’on donnera envie aux jeunes émigrés l’envie et la fierté d’être français ! On ne crée pas une cohésion nationale sur du fumier ! Beaucoup de pays l’ont compris.
          Je n’ai jamais vu un commerçant faire fortune en dénigrant ses produits. La comparaison est prosaïque, mais c’est du kif !

        • 29 Octobre 2016 à 20h46

          Villaterne dit

          Pour appuyer ma dernière phrase je citerai Spinoza
          ” La repentance est une seconde faute”

        • 30 Octobre 2016 à 3h00

          thd o dit

          29 Octobre 2016 à 20h26

          Villaterne dit

          Avec Chirac la France a reconnu sa responsabilité dans la rafle du Vél d’hiv et la déportation des juifs. Avec Sarkozy elle a reconnu sa responsabilité dans le traitement réservé aux Harkis et elle vient de le faire avec Hollande pour l’internement des tsiganes. Tout ça approuvé par une majorité de français.

          A supposer qu’une majorité de français approuve cela (je n’en suis même pas sûr) c’est parce qu’ils ne connaissent ces périodes que par ce qu’en disent les médias, qui en donnent une image outrageusement partisane dans le but, précisément, de faire passer la repentance.

          Il n’est donc pas étonnant qu’un Belmic reprenne, de manière caricaturale, cette position. Mais, si vous voulez l’empêcher, encore faut-il ne pas reprendre vous-même ce type de discours en plus atténué.

          Par exemple, vous qui nous dites implicitement que Sadosky était un salaud, qu’en savez-vous ? Et est-ce qu’il l’était plus que les soldats anglais qui ont remis après la fin de la guerre les cosaques débauchés par les Allemands et leur familles aux soviétiques, malgré les suicides de plusieurs d’entre eux ?

          La question ne sera pas posée…donc la repentance continuera.

        • 30 Octobre 2016 à 7h42

          Villaterne dit

          Par exemple, vous qui nous dites implicitement que Sadosky était un salaud, qu’en savez-vous ?
          Ben si l’article dit vrai je ne vois pas d’autre qualificatif.
          Et puis mon propos sur les salauds était généraliste.

        • 30 Octobre 2016 à 10h17

          thd o dit

          Et est-ce que l’article dit vrai ?

      • 29 Octobre 2016 à 17h10

        Daniel Azuelos dit

        k

        • 30 Octobre 2016 à 5h55

          FM Arouet dit

          Mitterrand considérait que la France n’éatit pas responsable car la France c’est la république et Vichy n’est pas la République donc n’est pas la France.
          L’argument, venant de Mitterrand surtout, a quelque chose de sophiste mais il mérite cependant d’être examiné. Quelle est l’essence de la France? la France sans la république, est-ce toujours la France?
          Pour autant, reconnaître ses fautes ne doit pas se confondre avec une repentance sucrée et ressassée.Reconnaître la vérité est une obligation morale et politique.

        • 30 Octobre 2016 à 12h25

          thd o dit

          L’argument de Mitterrand était surtout là pour faire taire les ânes de gauche, il est vraisemblable que lui-même n’a jamais cru que la France ait quoi que ce soit à voir avec la république.

          J’ignore ce que vous pensez être cette vérité qu’il faudrait reconnaître. En tout cas, cela n’a rien à voir avec la repentance, qui est un mensonge sur l’histoire de France imposé par des intérêts partisans dans des buts politiques. Si vous connaissiez mieux l’histoire de France, vous le sauriez et ne vous interrogeriez donc pas sur les effets de manche mitterrandiens.