Affaire Hebbadj : quand la Justice frappe juste
Il y a un bon Dieu pour l’URSSAF
Publié le 09 juin 2010 à 5:30 dans Société

Lies Hebbadj.
On reproche souvent aux journaux de n’annoncer que des mauvaises nouvelles, réjouissons nous quand de bonnes font la une. Le Parisien revient sur l’affaire nantaise de l’automobiliste en burqa, de l’amende de vingt-deux euros, de la conférence de presse, du mari islamiste, polygame et arrogant, de cette famille multi-parentale et multi-bénéficiaire d’aides sociales.
Si le début de l’histoire était plutôt énervant, la suite n’est pas pour me déplaire car monsieur Lies Hebbadj et celle de ses épouses qui nous intéresse en l’occurrence ont été arrêtés et placés en garde à vue parce que soupçonnés d’escroquerie, de fraudes aux aides sociales et de travail dissimulé selon une source proche de l’enquête. La photo qui illustre l’article le représente entre deux gendarmes, la tête couverte comme une vraie gonzesse. Drôle d’idée de ne pas vouloir être reconnu après tant de fanfaronnades ! Enfin, qu’il se cache, c’est un bon début !
Si en bons croyants, même fondamentalistes, ces deux là avaient su recevoir avec humilité et en toute discrétion l’épreuve que le bon Dieu et la République leur envoyaient, en payant l’amende avec le centième ou le millième des sommes indûment perçues et en se faisant tout petits, nous n’en aurions jamais entendu parler. Au lieu de faire preuve de décence, mais je doute que cette notion leur soit familière, ou en tout cas de prudence, ils ont choisis de convoquer la presse pour dénoncer une intolérable et intolérante discrimination.
Apprendre la décence par la loi
Voici pourquoi, informé des suites judiciaires données à l’affaire, je me suis endormi sur mes deux oreilles, confiant dans la justice de mon pays, et réveillé le lendemain matin en grande forme pour ma journée de travail, prêt à mettre du cœur à l’ouvrage pour gagner mon pain quotidien et le supplément nécessaire aux cotisations URSSAF qui financent les allocations familiales. Je n’ai pas l’habitude de me réjouir du malheur d’autrui mais j’avoue avoir imaginé avec une joie mauvaise que la fouille au corps avait été totale et qu’il ne restait plus dans le garde-manger de la gendarmerie que deux casse-croutes au jambon.
Qu’on me vole, c’est déjà beaucoup, mais qu’on vienne me narguer jusque sur mon écran de télé, c’est pousser un peu loin le bouchon. C’est avoir vécu jusqu’ici en France sans avoir rencontré la moindre résistance à la crapulerie et à la grossièreté, ou peut-être penser qu’il suffit de prononcer les mots “racisme”, “islamophobie” ou “discrimination” pour faire cesser toute critique et être dispensé d’avoir à rendre des comptes.
J’ignore qui, du juge ou du politique, je dois féliciter pour cet heureux rebondissement mais je le remercie chaudement. Pour l’avocat du beur nantais, ça ne fait aucun doute. “On n’en est plus au stade de la procédure judiciaire, c’est un acharnement politique sans précédent”, juge-t-il. La justice qui aurait condamné Hortefeux en toute indépendance serait ici aux ordres ? J’aimerais presque le croire. Cela signifierait que le pouvoir exécutif est à l’initiative des poursuites et indirectement les électeurs qui l’ont élu et encouragé dans ce sens. J’accepte avec joie l’idée que j’aurais contribué, même de façon infime et très indirecte, à actionner le bâton qui va apprendre à monsieur Hebbadj la loi, la décence et le respect. Que les politiques fassent de la politique et que la justice nous rende justice, c’est tout ce que je demande. Par ailleurs, je déplore avec le défenseur de Lies Hebbadj que l’événement soit sans précédent. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
L’avocat du mari en rajoute et parle d’une “garde à vue disproportionnée”. Celui de sa femme regrette que les autres épouses de monsieur Hebbadj qui n’est nullement polygame naient pas été auditionnées. Ces déclarations me donnent l’envie et l’espoir fou que le boucher hallal et toute sa smala s’engagent dans la prochaine flottille pour Gaza. Habitué qu’il est aux joies de la polygamie et de l’assistanat, pour peu qu’il s’abstienne de défier le pouvoir en place, il y vivrait comme un Pacha. Et pour ce qui est de la rhétorique victimaire, il maitrise le peu de vocabulaire qu’il faut pour les médias internationaux. La différence, c’est que là-bas, il comprendrait vite ce que cela veut dire d’être une victime. Pour de vrai.
-
L'auteur
Cyril Bennasar est menuisier.
-
Plus








La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
459Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :
Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :
1 an : 55 €
1 an : 34,90 €
20 articles verrouillés : 9,90 €
Claudine dit
@ Bibi
Notre héritage… j’ai oublié de préciser que je n’ai fait pour ma mère que ce qu’elle avait fait avant moi pour sa propre mère atteinte de la même maladie.J’ai appris à cette occasion qu’elle était probablement porteuse d’une “version” héréditaire d’Alzheimer.
Aucun risque pour la suite, je n’ai pas de fille et j’ai décidé il y a fort longtemps qu’à l’annonce même du diagnostique, je tirerai ma révérence. J’aurai assez vécu.
Claudine dit
@ A tous,
Si j’avais su que vous existiez, avant …le sol Breton serait bien moins humide:))
N’en jetez plus, ce n’était pas le but ( mais ça fait chaud au coeur, c’est sûr!).
Je ne peux que souhaiter que plein de gens aient la chance de pouvoir vivre quelque chose d’aussi fort sur le plan émotionnel, j’y mets juste un bémol… dans un pays civilisé on devrait pouvoir permettre ce choix à ceux qui le souhaitent sans que ça ruine leur vie ultérieure, et surtout en veillant à ce que la solidarité nationale ne serve pas qu’à remplir de mouroirs ou des crèches. Sans les tricheries éhontées de certains “abuseurs” l’ Etat pourrait largement créer un réseau prêt à aider ponctuellement, ou au moins soutenir psychologiquement ceux qu’on nomme les aidants. Il y a des parents qui s’occupent pendant 15 ou 20 ans de leur enfant complètement dépendant, ils doivent avoir la même attention, les mêmes droits que ceux qui ne font que concevoir et qui ont droit eux à toutes les attentions possibles. On en est loin.
@ Turbo 22
Sans vouloir être indiscrète, si un aidant parmi vos connaissances a besoin dune visite amicale, faites signe, jai repris du poil de la bête et suis disponible ( pendant qu’on est encore voisins).
Borgo dit
Claudine, je viens de lire votre témoignage et je suis très ému.
Je voudrais vous assurer de toute mon affection. Je suis trop touché pour pouvoir vous dire autre chose.
rackam dit
Bibi,
c’est donc que le “normal”, la “moindre des choses” , a tendance a disparaître.
Raison de plus de le souligner quand il se manifeste.
Je te considère donc comme quelqu’un de normal.
Au sens maximal du terme.
Continue comme ça, tu vas devenir para-normal, et tu pourras sauter en parachute sur tous les bateaux…
Bibi dit
Rackam,
C’est, à peu de choses près, ce discours que j’ai entendu de mes parents et de mes grands-parents, pour m’expliquer ce qu’ils faisaient. C’est normal, naturel, de les relayer.
I merely stated the obvious about Claudine.
C’est elle qui a agi selon notre héritage.
C’est elle qui mérite notre respect, et je trouve normal qu’on le reconnaisse et lui témoigne.
turbo22 dit
@ Claudine
Bonjour,
Vous ne pouvez pas savoir à quel point votre formidable description de l’épreuve que vous avez subie me touche et ce pour des raisons très personnelles.
J’en avais les larmes aux yeux.
Vous avez parfaitement raison d’insister sur les carances de l’ètat.
Elles sont indignes d’un pays dit “développé” tout particulièrement lorsque vous voyez ce dont les parasites profitent.
Je suis, avec tous les autres causeurs, de toute mon âme avec vous.
rackam dit
Bibi,
l’amitié, la gratuité, la générosité, la charité, finalement il ne restera que cela de chacun de nous, les maigres biens matériels tomberont en poussière…
Et c’est un fait que plus on “dépense” ce qui n’a pas de prix, plus on en possède.
Pas d’ISF sur le don, le geste fraternel.
Pas de valeur vénale.
Juste la certitude qu’on a accompli ce qui est proprement humain.
Florence dit
Je vous embrasse Claudine
Bibi dit
@Alpin
Bien le bonjour!
@expat,
Bon voyage!
Bibi dit
@Claudine,
Votre apparence virtuelle laisse voir d’autres aspects que la façade.
Bibi dit
Rackam,
C’est très embarrassant de se voir remercié pour être animé d’un souffle de fraternité.
C’est juste et beau comme Claudine.
Alpin dit
@Claudine
Bien le bonjour dans vos épreuves que je comprends quelque peu,ma famille ayant du
lutter à plusieurs reprises pour 2 d’entre nous atteints de ces terribles affections qui
désespèrent et éprouvent tant.
En vous souhaitant un peu de paix.
Claudine dit
@ Bibi
J’ai oublié de rectifier, non une petite vieille avant lâge, petite moche ridée et grosse et aux fils blancs, mais j’ai dû être comme vous dites … dans une autre vie ;))
Claudine dit
@Bibi et Flibustier
Impossible bien sûr, mais j’ai retrouvé le contact avec l’humanité, tous les humains n’étaient pas que des monstres d’égoïsme. La suite vous connaissez,
je suis même partie là où c’était chez moi, dans une autre vie, puis revenue pour quelques dernières semaines ( à moins que le loto ? ;)) J’ai même repris le volant avec plaisir, donc tout n’est pas perdu :)
Enfin si ,la fauche demain si Flibustier annonce la pluie! Too bad!
Vous m’êtes tous très chers, même les diabétiques potentiels, même les râleurs (les malades ça me connait, les râleurs ça me ressemble) mais mes préférés se reconnaîtront tous, ils ont tous soufflé sur les voiles quand le vent était en panne.
Dormez en paix braves gens, je veille et je chasserai l’Ankou si jamais il ose vous regarder dormir!
@ Expat, si jamais on ne se “cause pas ” avant ton départ , bisou et bon voyage,
profite bien de ceux qui te sont chers et de tout ce qui t’a manqué!
Claudine dit
@Bibi et Rackam
J’avais du travail tous les jours de la semaine depuis 1995, je n’en ai plus du tout… j’avais le rêve de finir ma vie sur le caillou, je ne le peux plus et bientôt une pancarte à vendre va gâcher le paysage de cet endroit si plein de souvenirs…la fratrie sera plus riche et moi j’aurai le coeur brisé, mais c’est la vie.
Un soir où je ne voyais plus du tout la terre, plus la moindre planche de salut, je me suis dit que le monde était plein d’humains et que je paniquais à ‘idée d’en
approcher il ne restait plus beaucoup de choix … surfer je savais faire lorsque le monde se tait la nuit, j’en faisais tous les tours toutes les nuits puisque je ne sais plus dormir quand je n’entends plus de vie dehors… alors j’ai pris une vague un peu au hasard prénommée Elisabeth L que j’avais écoutée à la radio dans la soirée, et j’ai atterri ICI…Le lendemain deux filles sympa m’invitaient à Paris…
Claudine dit
@ Bibi et Rackam
Vos gentillesses me touchent, vous comprenez maintenant pourquoi je suis ravie de jeter l’ancre dans votre port…les nuits sans lune où je dois naviguer à vue .Depuis quatre ans j’errais au gré des vagues, malade à l’idée d’approcher une côte et surtout ceux qui pouvaient s’y trouver… en connaître le terme n’a pas aidé…agoraphobie, moi qui me croyais juste burqaphobe. J’ai appris à parler chat et je n’ai plus essayé de faire l’effort de surmonter ma peur de ces humains qui ne me comprenaient pas plus que je ne les comprenais. Meryl Strrep avait une ferme en Afrique, moi j’avais une grande fratrie, je l’ai perdue en cours de route… j’avais une moitié, je n’en ai retrouvé qu’une ombre, j’avais 2 chats, ils se sont multipliés.
rackam dit
Bibi,
toi et moi sommes comme le boeuf et l’âne (tu choisis) soufflant sur Claudine.
Peut-être dort -elle déjà.
Tenons-lui chaud, l’humidité monte en Bretagne.
Merci pour ce que tu lui as écrit: c’est juste et beau.
Comme toi.
Bibi dit
@ Claudine,
Dieu vous a donné un cœur noble et généreux, une force de l’âme, un esprit vif et battant, et une Humanité qui défie les épreuves.
Vous êtes une grande Dame, Madame.
rackam dit
Claudine,
demain les herbes seront aussi fauchées que vous…
Merci pour votre témoignage, naviguons encore longtemps ensemble, gardons l’Espérance toujours présente, comme une braise qui ne demande qu’à tout réembraser.
Je vous souhaite une bonne nuit, demain pluie.
Il en faut plus pour décourager une bretonne.
Tenez ferme!