Acharnement thérapeutique sur la langue
Bernard Pivot veut sauver le français
Publié le 14 octobre 2008 à 8:59 dans Culture
Mots-clés : Livres
Bernard Pivot serait-il en passe de devenir le Jean-Pierre Coffe de la langue française ? Moins soupe au lait, sans doute, mais tout aussi anxiogène, l’ancien animateur d’Apostrophes revient en librairie avec un bref ouvrage dont le titre sonne comme un tocsin : 100 expressions à sauver.
La comparaison avec le vitupérant défenseur de la gastronomie française ne plaira peut-être pas à celui qui, en 2006, avait déjà commis un recueil de cent mots à sauver. Mais enfin, c’est bel et bien le rôle qu’il tient désormais, en ces temps où François Bégaudeau réclame dans son Antimanuel de littérature (Bréal, 2008) l’abandon pur et simple d’une orthographe “aristocratique” et de règles de grammaire qui ne servent “plus à rien”. La crainte est grande chez Pivot que la disparition de certaines expressions nuise “à l’exactitude et à la richesse du français”. Il contre-attaque donc.
Louable démarche, qui pose néanmoins un double problème. Le premier, c’est que nos élites elles-mêmes ne respectent plus cette exactitude ni cette richesse. La loi Toubon est tombée en désuétude, et la pub la bafoue dorénavant ouvertement. Les tentatives volontaristes (cf. le “baladeur” destiné à remplacer le “walkman”… et depuis balayé par l’aï-pôd) sont, elles aussi, restées lettre morte. Notre classe politique ne montre pas davantage l’exemple : jamais elle n’a parlé un français aussi médiocre. Aussi pauvre. Aussi approximatif. Vocabulaire réduit, grammaire fantaisiste, syntaxe naufragée : nos élus font peine à entendre. A l’Eurovision, cette année, nous concourûmes avec une chanson anglaise. Bernard Kouchner, hier au Kosovo, aujourd’hui à l’ONU, parle anglais. Les dirigeants de nos grands groupes (Alcatel, EADS, et même la sacro-sainte Régie) ont imposé le même choix à leurs cadres. Le second problème… eh bien ! ce sont les Français eux-mêmes. Car tout autant que la nation, la langue est un référendum quotidien – et le ballottage n’est guère favorable aux puristes. Doit-on, de surcroît, s’appesantir sur les ravages, chez les moins de 25 ans, du dialecte sms-msn ?
Si le bref ouvrage de Pivot n’a pas la “richesse” des sommes de Claude Duneton (qu’il cite tout de même), peut-être nous aidera-t-il, aveugles que nous sommes au désastre, à en mesurer l’étendue. Car, à dire vrai, ces cent expressions à sauver nous semblaient assez familières. On ne les aurait pas dites menacées. Qu’on en juge : fagoté comme l’as de pique (mal habillé), avoir le béguin (être amoureux), blague à part (sérieusement), à toute bringue (rapidement), fort de café (inadmissible), rabattre le caquet (faire taire), passer à la casserole (coucher), en tenir une couche (être bête), ne pas être une flèche (idem), en deux coups de cuillère à pot (rapidement), fille de joie (prostituée), sortir de ses gonds (s’énerver), la fin des haricots (tout est perdu), pas tes oignons (indiscret), payer rubis sur l’ongle (comptant), être sainte Nitouche (fausse vertueuse). Sont-ce là, vraiment, des expressions en passe de tomber dans l’oubli ?
Certaines, il est vrai, méritaient d’être exhumées : s’attarder aux bagatelles de la porte (préliminaires), faire à quelqu’un une conduite de Grenoble (expulser sans ménagement), jouer du manicordion (être adultère), chanter pouilles (récriminer), être dans les vignes du Seigneur (ivre) ou faire querelle d’Allemand. Mais, en plus d’un plat, fallait-il en faire tout un livre ?
Car Bernard Pivot a une ambition : que le lecteur imite ces lycéens qui, lors d’une conférence, lui promirent de “les glisser le plus souvent possible dans leurs dissertations”. Ce qui pose – c’est, véritablement, à yoyoter de la touffe ! – un troisième problème, et un problème pratique : comment utiliser les plus rares sans être ridiculement précieux puisque, à suivre Pivot, seuls les vieux et les érudits en savent encore le sens ? Imaginez-vous, franchement, vous fendre d’un allez vous faire lanlaire à des zyva du 9-3 ? Ou sur les quais de Loire, après une pétanque entre bobos, proposer de plier les gaules ? Ou bien encore demander à un trader de la Défense s’il a mangé la grenouille ? Moi, pas. La vérité, la triste vérité, relève de la chronique de la Françamérique : les Français choisissent leur langage comme leur culture. Qui, dès lors, pourra empêcher notre belle langue, malmenée par ses propres locuteurs, de boire son bouillon de onze heures (expression à sauver n°13) ?
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L'auteur
David Martin-Castelnau est grand reporter.
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Alceste dit
Prière à Agatha et Ninon (Quel beau couple!) : Passez-vous vos adresses personnelles pour vous “bouffer le nez” en privé, parce qu’ici vous nous “cassez les couilles” avec vos petits règlements de comptes qui n’intéressent que vous.
(entre guillemets, deux autres expressions à défendre ; ma modeste contribution au boulot de Pivot)
Nina dit
3 messages rageurs…tu m’fous les jetons…
Je ne t’aurais pas blessé des fois ?
J’en serais marrie.
Nan…Les siffleurs de Marseillaise d’hier sont des “acteurs politiques” comme le dit Boniface. Ils s’expriment pour dire à la France qu’ils existent…MDR !
Ils ne savent qui ils sont les pauvres anges…euh…Tunes…ouais…Français…ben…j’sais pas…que dalle ? sûrement !
Ne me mêle pas à cette plèbe le philosophe du dimanche : je suis patriote et je sais ça fait réac, no problemo.
En fait je suis RWAC : Rebel without a cause !
Agathon dit
Un dernier mot Ninou.
Tu es la soeur jumelle de ceux qui ont sifflé hier la Marseillaise.
LA CRASSE imbecile ei idiote.
L’incultre.
Et seuls les sociologues peuvent nous expliquer pourquoi vous êtes si cons.
Tu vois où je te mets Ninou:avec les miens(puisque tu as décidé que j’étais dans ce camp, dans ce bloc.
Mais bien que tu soies d’ailleurs, tu es dans ce camp, dans cette “communauté”.
C’est trans-communautaire.
C’est un virus.
Agathon dit
Tu vois Ninou, moi je suis encore plus radical que Finky et les Courtois.
Alain va à la téloche faire sa messe et parler avec le “noire…d’une tribu de la république”.
Je n’aime pas entendre la vulgarité.
Quand je suis sur mon cheval Blanc et que je t’aperçois, j’ai des envies de meurtre(mais non,je m’amuse).
Je suis sensible à une langue universelle.(putain il est où Bouik?).
J’ai une sympathie pour le peuple qui se cultive un peu et qui cesse de geindre, qui travaille, qui se surpasse un peu.
Mais toi Ninou, tu n’as pas dépassé ta Casbah, et je suis en colère contre ceux qui t’ont abandonnée dans ce fiasco.
Je peux accepter ton esprit brouilon mais pas ta bêtise Ninou.
Je deteste les fanatiques et ceux dont le seul cri est celui du VENTRE…
Va je t’aime!.
Agathon
Agathon dit
Ninou!
Je vais être vache avec toi:je ne parle pas au PEUPLE.
Je passe 8 heures par jour avec lui, et ça m’épuise.
Je suis un aristochat.
Mais je t’embrasse.
Ton agathon
Nina dit
Aguenathon ! On sait que t’es bourge, que tu causes bien, que ta belle-doche est catho alors que t’es un arabo-musulman et que tes étudiants sont en extase devant ton savoir…
Mais j’aime la langue française sous toutes ses formes et j’ai appris mes récitations par coeur dans le 9-3 même en argot que j’affectionne un max. Ca te ressemble en y repensant :
Un pignouf de corback sur un feuillu mal planté
S’envoyait dans la tronche un coulant barraqué.
Maître Goupil attiré par l’odeur cocottante,
Lui tînt à peu près c’te jactance :
“Hey…là haut Canard Défroqué !
Si tu jactes aussi bien qu’t'es sapé
T’es l’roi d’la foire !”
A ces mots notre ami devenu mariolle,
Lui largua le frometon dans la fiole.
Fais gaffe Aguénathon…tu vas lâcher le claquos…
Nina, populo, agressive et sioniste ! mouahahahahahahahah