À tout prix ?
On ne choisit pas ses clients
Publié le 20 septembre 2009 à 17:42 dans Monde

Faire du commerce avec des gangsters a un prix. Après les Italiens et les Suisses, à qui le tour de s'humilier devant le Guide ?
Oui, on a honte pour la Suisse, et on partage la colère d’Alain Campiotti, citoyen helvète humilié et journaliste avisé1. C’est qu’au championnat du monde de léchage de bottes, la Confédération obtient sans conteste la médaille d’or. Le colonel Kadhafi n’était peut-être pas content que la justice suisse ait embêté l’un de ses rejetons – lequel n’avait jamais fait que tabasser son petit personnel dans un palace genevois. Mais le président Merz était-il obligé de courir se prosterner devant le gangster de Tripoli ? Il y a là quelque chose d’embarrassant. Et même de glaçant. C’est que cette épopée révèle peut-être un monde dans lequel nous sommes et serons de plus en plus dépendants de cliques corrompues, de satrapes sanguinaires et d’intégristes délirants. Pas parce qu’ils ont du pétrole. Parce que ce sont nos clients, donc nos emplois. Et on ne choisit pas ses clients.
[...]
- L’un des meilleurs que je connaisse et l’un de mes maîtres dans ce domaine. ↩
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 15Septembre 2009

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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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