On a beau chercher, on se demande quelle configuration politique pourrait être plus agréable au président à trois ans de sa recandidature. Certes, on nous l’a rabâché, il ne faut pas faire dire aux résultats des Européennes plus qu’ils ne peuvent parler. N’empêche, ils ont plus de poids que les sondages d’escrocs en mille et un coups de fils bâclés, qui sont le pain quotidien de la presse éponyme.

Et si rien ne dit que le rapport de force de 2012 sera identique à celui de 2009, il fixe assurément une réalité comptable, un canevas autour duquel les forces en présences pourront broder. Les scores des européennes fixent les étiages et bornent nolens volens les espérances des uns et des autres.

Ces espérances, quelles sont-elles ?

À droite, personne ne pourra plus faire d’ombre au président, c’est plié. Que voit-on à l’extérieur de l’UMP ? Un Front étique, un Villiers ramené à sa valeur réelle, c’est-à-dire peanuts. Un Dupont-Aignan qui va finir par se rendre compte que le costume du Général est un peu grand pour lui, sans oublier (mais est-on encore à l’extérieur de l’UMP, autrement que pour de rire), un Nouveau Centre finlandisé par Sarko façon Léonid Brejnev.

À l’intérieur de l’UMP, c’est la sérénité totale. Pour la première fois depuis perpète dans un parti majoritaire et présidentiel, il n’y a pas de guerre des chefs en vue, et pour cause : des chefs, y’en a qu’un. À droite, le lundi, c’est ravioli ; le dimanche, c’est Sarkozy. Point barre.

D’autant plus qu’à la gauche de notre président favori, la situation, elle aussi, est totalement inédite et rigoureusement explosive. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, cinq formations concurrentes sont à même de faire un score qui compte à la présidentielle, entre 8 et 20 % des voix. Pour mémoire, de droite à gauche, le Modem, les néo-Verts, le PS, le Front de Gauche, le NPA. Vous voyez le problème ? Non ? On vous explique.

Jusqu’au premier tour, l’ennemi numéro un des Verts, par exemple, ne sera bien sûr pas l’omniprésident, mais tout autre candidat ayant le mauvais goût de se situer dans la zone de chalandise des écolos. En clair, dans cet exemple-là, le PS, le Modem et un peu, le NPA. De même, Mélenchon n’aura de cesse de taper sur Besancenot et sur le candidat socialiste. Et ainsi de suite. À supposer que les uns et les autres finissent par s’unir de mauvaise grâce pour le second tour – et encore la photo de groupe exclura soit le Modem, soit la gauche de la gauche – on peut d’ores et déjà parier sur des reports de voix minablissimes, suite logique des haines accumulées pendant toute la campagne. C’est grave pour la gauche, mais rassurez vous, ça pourra être encore pire : nous restons sur l’hypothèse d’un seul candidat socialiste, laquelle n’est justement qu’une hypothèse.

Ne nous demandez pas comment on en est arrivé là. L’intelligence politique du président ? La cécité, l’amnésie ou le choc des chevaux de bois à gauche ? Ou peut-être même le hasard ou une mauvaise conjonction astrale. Toujours est-il que les résultats sont là. En l’état actuel des choses, quelle que soit l’évolution de la situation économique ou les programmes des uns ou des autres, Sarkozy a mis la machine à gagner en route.

Sauf miracle, il sera réélu les doigts dans le nez en 2012. Heureusement, nous croyons aux miracles.

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