2012 : fin du monde ou renaissance ?
On peut toujours rêver. On doit toujours rêver
Publié le 16 août 2010 à 14:00 dans Politique
Mots-clés : Élections présidentielles, France

Et si, après vingt-neuf de néolibéralisme à la sauce Mitterrand-Chirac-Sarkozy, l’âne de Buridan français obtenait l’eau et l’avoine d’un seul coup ? Jusqu’ici, droite et gauche se sont succédé au pouvoir en inventant la divine formule de l’alternance unique. Un coup, le discours sécuritaire teinté de néolibéralisme immédiatement corrigé par le rejet de son rejeton libertaire. Un autre, un programme social mâtiné d’idéologie du Progrès, salmigondis mêlant idéaux socialistes et libertés subjectives rythmées par les besoins du marché.
Le Grand Journal, machine à nous dire quoi penser
À force de déception et de lassitude, le peuple rue dans les brancards à chaque élection, renvoyant dos à dos gauche sociétale et droite du fric. Dix ans après l’onde de choc de l’hydre Le Pen et le carnaval antifasciste qui a suivi, l’ombre populiste se profile à nouveau sur la France. Et tant mieux : les élites traîtresses s’inquiètent sérieusement du regain de popularité des slogans xénophobes surfant sur la désespérance d’un peuple oublié, martyrisé et honni. Sur les plateaux de télévision, les sociologues de salon nous expliquent que la révolte gronde en banlieue, chez ces exclus victimes du racisme ordinaire. Le grand Villepin opine du chef. Auréolé de son discours à l’ONU, il drague ouvertement le vote ethnique et dénonce publiquement le néocolonialisme du pays légal.
[...]
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 25Juillet/Août 2010

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L'auteur
Daoud Boughezala est rédacteur en chef adjoint de Causeur.
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Thalcave dit
Le programme commun et son cortège de nationalisations n’était assurément pas du libéralisme, mais peut-on croire pour autant que le programme “ni ni” du second mandat de Mitterrand était du néo-libéralisme? Son mentor économique , Jacques Attali qui avait durement négocié avec Philippe Herzog, le mentor du PC et de Georges Marchais, la liste des nationalisables en septembre 1977, a été convoqué à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy pour retrouver avec les meilleurs esprits contemporains, les clefs de la croissance, seul remède à la montée du chômage (hormis les 35 heures de Strauss-Kahn / Aubry). Voilà le lien entre les néo-libéralismes successifs qui se sont exprimés en France selon le génie français. Chirac a lui aussi balancé entre son Reaganisme de 1986 et, face à la candidature de Balladur, une nouvelle inspiration sur la fracture sociale venue de son mentor Emmanuel Todd.
Le néo-libéralisme à la française a sa continuité comme l’expliquent fort bien Pierre Cahuc et André Zylberberg dans “Les Réformes Ratées du Président Sarkozy”.
Aujourd’hui c’est l’OFCE de Sciences Po, autre haut lieu de la pensée socio-économique, avec Xavier Timbaud et allii qui nous explique que l’Europe (Union) est la victime de la dévaluation compétitive de l’Allemagne (pas nominale à cause de l’Euro mais cachée en termes de coût salarial) qui pratique un néo-libéralisme trop différent de sa version française, montant en épingle une compétitivité abusive face aux émergents et écrans plats.
fatback dit
« […] après vingt-neuf de néolibéralisme à la sauce Mitterrand-Chirac-Sarkozy […] »
Il vaut mieux lire ça que d’être aveugle.
Aymenon dit
“On peut toujours rêver. On doit toujours rêver.”
Pour ma part, ce sera sans Sarkozy, après je verrai. Personnellement, et contrairement à Benjamin et Apheratz, je ne suis pas encore lassé, j’en suis même bien loin, comme d’autres!
Benjamin dit
@Alpheratz
Oui, une lassitude qui finit par dénaturer le seul bien fondé de la démocratie : la participation du plus grand nombre. Je souscrit évidemment à vos vues comme à vos questions rhétoriques désabusées…
Et au diagnostique de monsieur Boughezala! (qui a eu la gentillesse de laisser de côté le pompeux verbiage de certains de ces articles au service d’un article clair et pas moins pertinent.)
Alpheratz51 dit
Et j’ajouterai une grande lassitude.
Alpheratz51 dit
Benjamin dit :
16 août 2010 à 14:42
Merci, Benjamin.
C’était bien là le sens de ma vraie/ fausse question.
L’impasse.
Benjamin dit
@Alpheratz
Bien que le “qui”, la personnalité revêt une toute grande importance, avec le quinquennat, le “quoi” définira tout. Or il n’y a pas d’outsider qui capitalise les espoirs du plus grand nombre et qui puisse compter une majorité au parlement aujourd’hui. Le parlement et son parti majoritaire définissent le “quoi”. PS ou UMP : même combat! Pas d’idéologie, d’envie, de projets, seulement des mots, de l’ambition et de l’entropie. Une cohabitation outsider/PS-UMP sera une déception de plus si jamais elle survenait.
Les français sont-ils condamnés à commettre le choix du moindre mal, du “candidat le moins pire” ? J’ai l’impression.
Alpheratz51 dit
Bien.
Alors on fait quoi et avec qui ?