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1810-2014 : Peugeot, une histoire française

L’ex-fleuron du capitalisme familial a bien failli finir à la casse

Publié le 29 avril 2014 à 12:00 dans Politique

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Sans doute le rappellera-t-on, lors des commémorations répétitives de la Grande Guerre qui nous sont promises : le premier Français tué au combat s’appelait Peugeot. Le caporal Peugeot, tombé le 3 août 1914 sur le territoire de Belfort, en compagnie du soldat allemand Mayer, a donné son nom, à  son corps défendant, à une rue parisienne.

Il portait un nom franc-comtois, comme ses homonymes qui, depuis plus de deux siècles, illustrent le capital industriel français1. Au moment où le caporal Peugeot tombe sur le champ de bataille, la société automobile Peugeot produit la moitié des 20 000 véhicules réalisés en France, Renault le quart et Panhard le dixième. Et pourtant, c’est Renault qui entrera dans l’histoire de la Grande Guerre avec les « taxis de la Marne » puis, surtout, avec les chars qui, à partir du 18 juillet 2018, contribueront à refouler, jour après jour, les forces allemandes installées sur notre territoire.

Un siècle plus tard, les descendants des Peugeot, encore détenteurs d’une fraction du capital de l’entreprise, en abandonnent  le contrôle effectif à l’État français et à Dongfeng, société chinoise, sans renom et sans savoir-faire, mais aux mains de l’État chinois. Les vicissitudes du groupe Peugeot ont conduit à ce paradoxe de la globalisation néolibérale : la survie d’une entreprise française familiale, représentée par deux marques illustres, Peugeot et Citroën, dépend de la contribution de deux États.

[...]

*Photo: Soleil.

  1. La première entreprise Peugeot, créée en 1810, fabriquait des tables.
  2. Dans l’usine de Javel où, durant la Grande Guerre, André Citroën faisait fabriquer à haute cadence les obus destinés aux artilleurs du front.
  3. Les possesseurs américains de DS se réunissent pieusement chaque année.
  4. Absorption réalisée grâce au trésor de guerre de la famille Peugeot placé en Suisse.
  5. Entretien donné à Question Auto de mars 2014.
  6. Le groupe PSA est le premier déposant de brevets en France depuis six ans.
  7. Nous paraphrasons le titre du dernier ouvrage de Jean-Pierre Chevènement : 1914-2014 : l’Europe est-elle sortie de l’Histoire ?
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  • 29 Avril 2014 à 18h42

    Aristote dit

    La famille Peugeot n’a jamais voulu un vrai patron de l’automobile à la tête du groupe. D’abord parce qu’elle ne voulait pas lâcher du vrai pouvoir. Mais aussi parce que elle était obnubilée par le souci de se concilier les bonnes grâces de l’État.

    Ainsi se sont succédés inspecteurs des finances et ingénieurs du corps des mines, parfois brillants, mais cela ne suffit pas.

    Les résultats sont là. Surinvestissement en France, frilosité à l’international, rationalisations tardives…

    Longue vie au “modèle” français.

  • 29 Avril 2014 à 12h17

    Georges_Kaplan dit

    « […] paradoxe de la globalisation néolibérale : la survie d’une entreprise française familiale […] dépend de la contribution de deux États. »
    Paradoxe du cercle, il est carré.