« La gauche sans le peuple ne saurait être la gauche » | Causeur

« La gauche sans le peuple ne saurait être la gauche »

Entretien avec Laurent Bouvet 1/2

Auteur

Coralie Delaume

Coralie Delaume
est blogueuse (L'arène nue)

Publié le 17 mars 2012 / Politique

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Laurent Bouvet est politologue. Il vient de publier Le sens du peuple, Gallimard, janvier 2012

Votre dernier ouvrage, Le sens du peuple, a pour objet de montrer comment le peuple est devenu un « problème » pour la gauche française. N’y a-t-il pas là un paradoxe. En ayant perdu le peuple de vue, la gauche n’a-t-elle pas perdu aussi sa raison d’être ?

Il y a un courant de pensée à gauche qui refuse l’existence même du peuple comme sujet politique, et plus largement dans les partis de gauche une présence importante de militants et d’élus convaincus par cette thèse. C’est, grossièrement, en France, le cas de ce que l’on a appelé la deuxième gauche. Cet ensemble né du tournant des années 1960-70 dans le PSU et le syndicalisme notamment qui a intégré en grande partie le PS à partir de 1974 et dont la grande figure politique a été Michel Rocard.

Tout comme Pierre Rosanvallon, cette deuxième gauche souhaiterait donc que le peuple demeure « introuvable » sous peine de devenir dangereux ?

En effet, le meilleur théoricien – et en partie acteur – de cette gauche-là est incontestablement Pierre Rosanvallon. Son « peuple introuvable » est d’abord un constat qu’il fait comme historien : où est le peuple en politique ? Comment peut-on en observer et en comprendre les figures et les représentations ? Est-ce qu’il ne se limite pas à des fictions ? Etc. Mais c’est aussi une prescription à laquelle il aboutit : non seulement le peuple n’existe pas mais il ne doit pas exister. Toute forme de prise au sérieux du peuple en politique représente un danger pour la démocratie.
Cette perspective qui s’inscrit dans un monde post-totalitaire, marqué par les expériences tragiques de manipulation et d’instrumentalisation du peuple – dans sa réduction à la race et à la classe à travers les totalitarismes nazi et communiste – a une vertu heuristique mais constitue aussi un angle mort politiquement.
Sa vertu tient à ce qu’elle confirme que la démocratie et le populisme – ces usages dangereux du peuple – sont les deux faces d’une même médaille. Et que la politique moderne, celle de l’âge de la démocratie de masse, se tient sans cesse sur le fil entre injonction populaire et tentation populiste. Le peuple est toujours déjà présent, comme source de légitimité démocratique mais en même temps comme danger mortel pour la démocratie. Les Grecs avec leur demos avaient d’ailleurs, il y a 25 siècles, déjà parfaitement perçu cette dualité !
Malheureusement, cette conception, celle de la deuxième gauche, donc, dans le cadre politique français, a aussi eu un défaut. Pour le dire d’un mot, elle passe à côté du rôle essentiel du peuple « tout entier », aussi bien démocratique que social et national, dans la politique moderne.

Ah oui, les fameux « trois peuples » – démocratique, social et national – que vous décrivez et liez dans votre livre…

…et dont il convient de n’oublier aucun. Hélas, certains penseurs et responsables ont oublié que la France n’était pas qu’une société d’individus, de groupes plus ou moins constitués selon leurs intérêts ou leurs identités particulières mais aussi, et sans doute avant tout, un peuple avec son histoire, sa lecture propre même si grandement conflictuelle, de l’évolution du monde, son droit politique spécifique (exceptionnel peut-on dire) dont la République résume le sens, etc.
Ceci a contribué à accroître les effets de la transformation libérale de la société française au cours de ces 30-40 dernières années, qu’il s’agisse de l’économie de marché et de ses effets, ou de la réduction de l’émancipation à une affaire juridique concernant d’abord et avant tout l’individu. Le sens du collectif, du commun, du vivre ensemble se sont dilués. Et une partie de la gauche, sous l’impulsion et la conduite de la deuxième gauche, a évolué dans cette direction, au prix d’oublis et de contresens historiques, notamment sur la construction européenne, qui s’avèrent aujourd’hui tragiques.

Vous pointez du doigt la tentation multiculturaliste, et cette attitude qui a consisté, pour une gauche déconnectée des classes populaires, à fabriquer un « peuple de substitution » par agrégation de diverses minorités. De quoi s’agit-il ?

Cette tentation s’inscrit, en partie, dans l’évolution décrite précédemment. Elle est le résultat de la réponse apportée par une partie de la gauche française (mais pas seulement) au grand tournant identitaire qui a frappé les sociétés occidentales dans les années 1960-70 également. Lorsque des aspirations individualistes, post-matérialistes ou post-industrielles ont peu à peu remplacé les grands combats idéologiques des XIXe et XXe siècles et les luttes politiques et sociales qui en découlaient. Ainsi, par exemple, ce que l’on a appelé un temps les « nouveaux mouvements sociaux » (de libération, d’émancipation ou de reconnaissance identitaire) des années 1960-70 ont-ils parfaitement illustré ces nouvelles aspirations : noirs américains, féministes, homosexuels, immigrés, régionalistes, fondamentalistes religieux…
Les revendications qui ont émergé et sont encore, pour une part, actives, ont trouvé naturellement leur place et leur justification dans des sociétés qui étaient largement bloquées et discriminatoires à l’égard de ce que l’on a appelé alors les « minorités ».

Je ne comprends pas où est le problème ? Ces catégories (immigrés, jeunes, femmes…) ne vous semblent-elles pas légitimes lorsqu’elles revendiquent leur droit à l’égalité ?

Si : il y a, bien évidemment, une totale légitimité de ces revendications. Qu’il s’agisse de celle des femmes à l’égalité de droits avec les hommes, de la dépénalisation puis de l’égalité de droits pour les homosexuels ou encore de la lutte contre toutes les formes de discrimination à raison de l’origine ethno-raciale notamment. Et la gauche, porteuse historiquement, de la défense du principe d’égalité, ne saurait laisser de côté ces revendications. Pas plus qu’elle ne saurait ignorer le « fait du multiculturalisme » qui est au cœur des grandes sociétés ouvertes, occidentales notamment, aujourd’hui.
Simplement, il y a une différence considérable entre l’acceptation d’un fait social ou la poursuite d’un idéal de lutte aux côtés des plus faibles dans la société, et la conversion à une forme de multiculturalisme normatif devenu peu à peu l’alpha et l’oméga des propositions politiques de la gauche. Comme si celle-ci, contrainte par une « grande transformation » (à rebours), libérale, des décennies récentes, avait abandonné son rôle historique d’émancipation collective et toute perspective populaire ; au profit précisément d’un « peuple de substitution », de « damnés de la terre » de remplacement que seraient désormais les membres des minorités identitaires et culturelles. Comme si l’adieu à la classe ouvrière, pour le meilleur et pour le pire, avait conduit à l’abandon de toute conception d’ensemble de ce que peut-être le peuple pour ne favoriser que des parties très spécifiques de celui-ci et au final participer à l’individualisation généralisée de nos sociétés.

Une sorte de « tronçonnage » du peuple en catégories dont les revendications, nécessairement particularistes, favoriseraient l’individualisme, en somme ?

Oui, et même pis. C’est comme si cette évolution d’un peuple à l’autre avait conduit à une forme de rejet voire de mépris pour les composantes du « peuple de gauche » (même si je n’aime pas beaucoup cette expression) traditionnel. Ce que certains auteurs, je pense notamment à Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, ou encore à Christophe Guilluy, ont nommé et décrit comme de la « prolophobie ». Au-delà de la profondeur de ce mouvement d’ensemble des sociétés contemporaines, perceptibles dans l’ensemble des politiques publiques : économique et sociale bien sûr mais encore scolaire, culturelle, « de la ville »… on peut en observer l’émergence dans les représentations médiatiques et artistiques. Ainsi, au cinéma, est-on passé de la figure mythifiée de l’ouvrier incarnée par Jean Gabin par exemple, dans « La Bête humaine » au temps du Front populaire, à celle, dégradée et abjecte (raciste, sexiste, homophobe… le « beauf » dans toute sa splendeur), du « Dupont-Lajoie » d’Yves Boisset, incarnée par Jean Carmet. Ce parcours de Gabin à Carmet si j’ose dire, est exactement ce qui est en jeu dans l’histoire de la gauche, française ici, tout au long du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui.

Cette « prolophobie » que vous pointez du doigt est-elle vraiment l’apanage de la gauche ?

Disons que l’impuissance politique face aux bouleversements de l’économie mondiale ayant en quelque sorte conduit à une réduction générale de l’ambition de la gauche : incapable de proposer à tous de poursuivre le mouvement d’émancipation, elle ne l’aurait plus proposé qu’à quelques-uns, choisis en fonction de leur statut particulier dans la société, et en le faisant désormais d’abord passer par une extension du droit individuel, de la reconnaissance de ce que chacun est pour lui-même plutôt que de ce qu’il voudrait être avec les autres.
Le statut de l’égalité, et les conséquences sociales de celle-ci, ne pouvaient qu’être fortement ébranlés. Car outre qu’une partie des nouveaux droits ainsi revendiqués et accordés ne peuvent être que dérogatoires, le sens commun lui-même s’affadit. La compréhension commune de ce qu’est une société, sans même parler d’un peuple désormais, se dissout. Dans ces conditions, la fameuse société de marché n’a aucun mal à s’imposer avec son cortège d’inégalités et de spectaculaire.
Or, pour le dire d’un mot, la gauche sans le peuple ne saurait être la gauche. Elle perd son sens même, son âme… et aussi, accessoirement, les élections et le combat pour l’hégémonie cher à Gramsci.

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    • 19 Mars 2012 à 10h32

      Marie dit

      @saul
      Peu ou prou d’ouvriers d’après ce que j’ai lu, le peuple de gauche a changé .

      • 19 Mars 2012 à 10h48

        lisa dit

        OUi, le peuple gaulois ne votant plus à gauche, le think tank terra nova en a d’ailleurs pris acte, la gauche va maintenant encore plus qu’avant draguer les “issus de”.

        • 19 Mars 2012 à 10h54

          Marie dit

          relevé sur Le Monde, un jeune venu pour voir un instituteur communiste, une étudiante en sociologie….

        • 19 Mars 2012 à 10h57

          lisa dit

          Il y avait l’intit de mo,n fils, hyper politisé e qui est au bureau executif (on dit comme ça) de Méluche, zut, elle va me reconna

        • 19 Mars 2012 à 10h58

          lisa dit

          ître !

    • 19 Mars 2012 à 6h56

      Fiorino dit

      @ Saul
      Il serait intéressant de savoir qui sont les manifestants qui étaient hier à la bastille d’un point de vue sociologique. En tout cas ça met un peu de piment dans la campagne à gauche avec monsieur déjà élu. L’élève de Béla Károlyi parle comme s’il était déjà président. Faut dire que l’enfermer dans un débarras pour la faire maigrir et paricitper aux Jeux de 1980 a du laisser de traces chez notre reine de la poutre gauchère.

      • 19 Mars 2012 à 10h46

        lisa dit

        J’habite à côté de Nation et j’ai vu des cars, ce n’était qu’un échantillon, l’âge moyen des occupants était de 60 ans, le milieu social non distinctif par les vitres du car !

    • 18 Mars 2012 à 19h40

      Fiorino dit

      C’est amusant voir royal nous expliquer qu’avec meluche elle a bcp de convergences. S’il y en a un qui s’est foutou de sa geuele tout au long de la campagne du style “elle sait même pas parler espagnol elle va au chili” c’est lui. Ou alors elle prepare sa vengence contre hollande en essayant de le faire monter.

    • 18 Mars 2012 à 18h39

      Saul dit

      Bon entretien, l’analyse est pas mal vue
      “La gauche sans le peuple ne saurait être la gauche”
      et ça donne le PS, cette caricature
      la gauche avec le peuple ?
      c’était tout à l’heure à la Bastille.

      • 18 Mars 2012 à 19h19

        Marie dit

        m^me pas!

        • 18 Mars 2012 à 19h25

          Saul dit

          ben un peu quand même, 120 000 personnes (certes d’après les organisateurs, mais en tout cas largement plus que les 30 000 attendus…), c’est pas rien….
          même Sarko Tsé Toung n’a pas fait autant à Villepinte

        • 18 Mars 2012 à 19h34

          Fiorino dit

          Le peuple de gauche je vous l’accorde bien volontiers.

    • 18 Mars 2012 à 12h05

      Ligure dit

      Article bien ficelé, qui émerge de la soupe ambiante, droitière ou de gauche. Pour ceux comme moi qui n’ont pas poursuivi d’études littéraires, les citations sont les bienvenues.
      Merci.

      • 19 Mars 2012 à 8h04

        Fiorino dit

        Tiens revoilà le pseudo ligure, c’est je pense ça deuxième apparition sur causeur, il serait intéressant de savoir qui se cache derrière ce pseudo.

    • 18 Mars 2012 à 11h29

      morsang dit

      cette longue réflexion sur “la gauche et le peuple” est un peu ardue pour un modeste lecteur.
      plusieurs observations néammoins
      -au qualificatif peuple(comme d’autres disent les banlieues) je préfère la dénomination même imparfaite de “classe moyenne” autrement dit lespersonnes qui ont un revenu (habitent les fameuses “banlieues”)se lèvent à cinq heures du matin pour un salaire (suivant l’observatoire des revenus) inférieur pour 90 pourcent d’entre eux à 3000 euros mensuels.
      je trouve cette appellation de “peuple” à la fois vague et méprisante.
      Mais venons-en au sujet même de la réflexion:l’abandon par les couches modestes del’espoir qu’a pu représenter le parti socialiste et à ce propos deux observations
      Le Monde vient de publier une grande enquête-sondage oû il apparait que plus on s’éloigne de Paris intra muros,plus le vote à droite gagne en force.
      Autre fait intéréssant,le journal du dimanche publie ,lui, une enquête sur ce qu’il appelle “le boboland” c’est dire ce quartier parisien du côté du canal de l’Ourq et environs oû ces classes de parisiens aisés votent systématiquement à gauche et même pour M. Mélanchon c’est à dire pour les communistes nonobstant le faux nez.
      Alors moi j’attend que ce phénomène sociologique qui voit de plus en plus les quartiers bourgeoiso-historiques voter à gauche (Paris en est l’archétype) et lesdites “banlieues voter à droite me soit expliqué avec simplicité dans le genre “le vote petit bourgeois en 2012 en France expliqué aux pauvres d’esprit”
      Personnellement j’ai bien une petite idée sur le phénomène mais je me garderai d’en dire plus.

    • 18 Mars 2012 à 8h14

      isa dit

      Marie, je viens d’essayer d’écouter.
      Je ne supporte plus la France du “non”.
      Je crois avoir trop lu ici de souverainistes et de nostalgiques.

      sur un autre fil, Monsieur Naccache parle de maths, d’une mauvaise expo sur les maths, j’ai regardé son profil wiki et il me semble encore deviner quel est le sujet abordé “peut-on perdre connaissance?” (c’est un neurobiologiste, est-il précisé).

      Je me demande ce que tous les causeurs ont à trouver la France si moche, si mieux avant, je suis beaucoup plus optimiste que ces nostalgiques d’une époque qui n’a jamais existée.

      • 18 Mars 2012 à 8h41

        eclair dit

        @isa
        Vous avez donc renouvellé votre abonnement vu que cela fait un an +1 jour le commentaire suivant.

         
        http://www.causeur.fr/tunisiens-recherchent-revolution,9200
        “17 March 2011 à 6h21 isa dit Quand ils en auront mis au pouvoir un pire encore! Pas Mme Irma, je peux me tromper, mais…” 

        • 18 Mars 2012 à 8h50

          isa dit

          Mais que faites-vous à fouiller dans les archives, spice d’espion?

          j’attends juste la date du poisson d’avril.
          Je n’ai pas renouvelé mon abonnement depuis six mois, à peu près, et si je le faisais, ça te regarde pas.

        • 18 Mars 2012 à 9h37

          eclair dit

          @isa
          mais vous arretez pas de nous sortir que vous allez pas renouveler votre abonnement depuis quand août de l’année dernière.

          Si cela fait 6 mois, c’est octobre. Déjà là vous aviez dit que vous ne le renouvelleriez pas.

          Aucun poisson d’avril. J’ai pris un abonnement le 1 er avril l’année dernière. Cela finit le 1 er avril.

          Contrairement à ce que beaucoup pense je ne change pas de pseudo je pars. Contrtairementàvousjenel’aipasproclamé sur les toits depuis des mois sans le faire.

          J’y pense depuis septembre devant la perte d’interêt des débats tournant nécessairement à la foire d’empoigne sans argument.

           

        • 18 Mars 2012 à 9h40

          eclair dit

          @isa

          Vous êtes vraiment drôle.
            18 March 2012 à 4h32 isa dit ben oui, Sophie, mais il nous ressortira avec un nouveau pseudo, c’est la maladie causeurienne. puis cela ne nous débarassera pas de la madonn ni de Ugly la gymnaste. non, décidemment, je ne connais pas la date de fin de mon abonnement, mais on ne m’y reprendra plus! 

    • 17 Mars 2012 à 21h17

      Villaterne dit

      La gauche a lu Bertolt Brecht qui disait :
      “Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple”

    • 17 Mars 2012 à 19h54

      isa dit

      Marie,

      je n’ai pas eu le temps d’écouter la radio ce matin, je vous remercie pour le lien.

      Le problème est déjà dans la définition des mots: “peuple”, c’est quoi? vous? Moi? Les voisins? Les gens du 93?

      Le populisme, quelle est sa définition? Pour moi cela ressemble àdémagogie auprès des gens (parce que “peuple”!).
      Quand j’entends La Pen dire que les fonctionnaires français ne seront plus que “patriotes”, c’est de la démagogie, puisque c’est impossible.

      Quand j’entends Mélenchon soutenir que le ^roductivisme c’est la théorie de l’offre, hormis le fait que je me meurs de rire parce que le productivisme est l’idéologie même du communisme, il s’agit aussi de démagogie car c’est essayer de faire passer des vessies pour des lanternes;

      Le premier problème est donc bien de donner un sens aux termes utilisés et de ne pas étaernellement gloser sur les mêmes choses: avant c’était mieux (depuis que je suis inscrite, 200 articles sur THE problème ), Sarkozy a vendu la France à l’europe (bouboubobu!), on ne sait plus causer la France, la gauche n’est plus épopulaire”, ce serait La Pen qui détiendrait les clefs de la merveilleuse et définitive approche du bon peuple, etc, etc…
      Fatigant et inintéressante cette impression de tourner en rond comme des vieux….

      • 17 Mars 2012 à 21h43

        kriktus dit

        “Fatigant et inintéressante cette impression de tourner en rond comme des vieux…”
        Peut-être parce que vous l’êtes, je vous cite:
        “Oui, mais les vieux, comme moi , savent ce qu’ils risquent justement, à entraîner leurs malheureux enfants sur des pentes extrêmement risquées.
        L’expérience, les vieux singes, toussa, toussa, pensez à cela cher kriktus.”
        Si le concept de peuple se devait, pour des raisons idéologiques, être désuet à votre époque pour des raisons urgentes autant politiques qu’économiques ce concept devient incontournable aujourd’hui.
        Ce mot, le plus utilisé par De Gaulle dans ses discours, et qui est inscrit dans la 5ème république: « la République est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » revêt tant de significations: il est pour certains le mot magique, pour d’autres ils n’inspirent que dégout parce qu’il a toujours représenté pur les premiers comme pour les seconds, symboliquement la résistance à l’oligarchie. C’est le peuple français qui s’est défait de l’oligarchie aristocratique en 1789, c’est le peuple qui s’est défait de l’oligarchie bureaucratique de la RDA, c’est le peuple tunisien qui s’est défait de l’oligarchie “ben alienne». Si l’oligarchie libertarienne triomphante des 30 dernières années, de votre époque , avait réussi à déconsidérer ce concept et le cacher sous des couvertures de honte et de mépris, la tyrannie du tout marché de votre époque, la réduction de l’Homme à l’état de consommateur de votre époque a permis à ce concept, comme une pièce noircie décapée par un agent acide, de retrouver tout son brillant.
        Certes, on tourne en rond mais pas comme des vieux qui nostalgiquement regardent une photo jaunie de leur gloire passée, mais comme des jeunes enthousiastes de retrouver dans le grenier une image glorieuse de leurs grands ou arrières grands parents et que leurs parents avait préféré dissimuler.
        Bien à vous.

        • 18 Mars 2012 à 4h29

          isa dit

          C’est cela, le problème Kriktus, je suis âgée, vous êtes certainement plus jeune que moi et maugréez dans votre barbe comme un grabataire.
          C’est bien triste, il est heureux que les jeunes (les vrais iRL) qui m’entourent soient entreprenants, vifs, ne vivant pas reclus dans un passé mythifié;
          peux vous assurer, pour l’avoir vécu, que l’avant -8 n’avait rien de bien glorieux ni de bien avenant!

          Le jour où vous comprendrez que 68, avec tous ses défauts, n’a rien de “libéral” (rncore un mot si galvaudé!), mais a ouvert un vent de décontraction aUSSI bien nécessaire, vous pourrez enfin faire un retour vers le fututr.

        • 18 Mars 2012 à 12h27

          kriktus dit

          @ isa
          Quand je parle d’image glorieuse, je parle d’une image et cette image est celle du concept de peuple. Ce concept n’a rien de vague ni de méprisant, ce sont toujours ceux qui veulent s’en démarquer, ne le trouvent pas assez bien pour eux, le saucissonnent en tranches pour mieux le rejeter qui trouvent cette appellation péjorative. Dans ce mot peuple résonne toutes les résistances aux différentes oligarchies.
          Je ne me fais pas d’illusions sur avant 68, la femme que vous êtes doit surement encore en nourrir du ressentiment à juste titre ; vous deviez maugréer « dans votre barbe comme un grabataire » comme je le fais aujourd’hui.
          Si ne pas être d’accord, combattre un système injuste et inégalitaire (je précise devant les droits, les devoirs et le mérite) comme vous l’avez- vous m’en donnez l’impression puisque vous revendiquez cet héritage- fait en 68, revient à maugréer comme un grabataire alors je revendique cet état.
          Je crois que vous étiez dans le vrai en 68, que cette lutte était nécessaire, mais une lutte entraine des conséquences que les initiateurs de ces luttes ne prévoient pas, n’imaginent même pas et ne les comprennent que plus tard. La preuve en est, madame, que vous me dites ne pas comprendre 68 alors que je n’en avais rien dit dans ma réponse du 17/03 à 21h43. À aucun moment non plus j’ai écrit le mot libéral j’ai écrit libertarien. Est-ce dernier mot qui vous a évoqué 68 ? Édifiant non ?

    • 17 Mars 2012 à 16h25

      Marie dit

      Voici un lien vers l’émission répliques ou s’exprime entre autre M Bouvet
      http://www.franceculture.fr/emission-repliques-faut-il-avoir-peur-du-populisme-2012-03-17

    • 17 Mars 2012 à 15h19

      skyhigh dit

      Je ressens la même chose que vous ,Coralie.
      La Gauche française a changé de peuple et ce qui était le “peuple de gauche” se tourne vers MLP.
      CQFD 

    • 17 Mars 2012 à 15h13

      Marie dit

      @isa
      Auriez vous ratée l’émission Répliques de ce matin sur France Culture? Si oui dommage le Peuple était le sujet du jour état c’était très intéressant…

    • 17 Mars 2012 à 11h12

      isa dit

      Ce que c’est bête d’écrire des trucs pareils!

      Je vais redevenir marxiste pour l’occasion: le mépris du peuple concerne tous les nantis, les “belles personnes” comme dit Méluche (journalistes, personnes friquées, intellos qui se sentent appartenir à une caste;..), qu’ils soient de droite ou de gauche.

      voilà, c’est comme,ça, même ma grand-mère le disait.

      et les pauvres ilzon même pas de belles maisons, leurs femmes elles sont moches, zon pas de goût, quoi. C’est de droite ou de gauche de dire ça?

    • 17 Mars 2012 à 9h53

      Fiorino dit

      Je trouve que c’est un peu tojours le même discours, le problème c’est que la gauche n’a rien à proposer comme modèle different de société. Les classes populaires soit elles sont deçue par la gauche, soit elles appartiennent aux minorités qui n’en ont rien à faire des valeurs de gauche.