Élisabeth Lévy. Contrairement à votre père qui assumait, voire désirait la diabolisation du Front national, vous semblez vouloir en finir avec l’ostracisme. Comment espérez-vous y arriver ?
La diabolisation a toujours fait débat au Front où deux stratégies s’affrontent. Contrairement à Bruno Gollnisch, qui pense qu’on peut arriver au pouvoir grâce à elle, j’ai toujours pensé qu’on y arriverait malgré elle. Pour autant, il ne s’agit pas de tomber dans le consensus mou typique de l’énarchie politique. De toute façon, quand on va à l’encontre du courant majoritaire, il faut s’attendre à susciter une réaction violente. De plus, une bonne polémique peut être utile : l’affaire Frédéric Mitterrand en est un exemple. Elle a permis de mettre au cœur du débat la question de la moralisation de la vie publique et de forger une grille de lecture à travers laquelle on a jugé l’affaire de l’EPAD, l’affaire Woerth-Bettencourt et, maintenant, celle du Médiator.

Par Cyril Bennasar, Daoud Boughezala, Muriel Gremillet, Elisabeth Lévy et Isabelle Marchandier.

Lire la suite