« J’entame un combat de libération nationale ! » | Causeur

« J’entame un combat de libération nationale ! »

Trois questions à Nicolas Dupont-Aignan

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
est écrivain.

Publié le 12 mai 2011 / Politique

Nicolas Dupont-Aignan est maire de Yerres et député de l’Essonne. Il est président de Debout la République ! et candidat à l’élection présidentielle. Dernier livre paru
L’euro, les banquiers et la mondialisation : L’arnaque du siècle (éditions du Rocher)

Vous êtes un des derniers hommes politiques français à vous définir explicitement comme gaulliste. Mais comment définir le gaullisme en 2011 ?

NDA : Le droit des peuples à disposer d’eux mêmes. C’est tout simple. Ce n’est pas une nostalgie. C’est simplement le rappel des principes fondateurs de la démocratie, de la nation et de la République dans une France sous tutelle. Il faut rejeter la tutelle extérieure – supranationalité européenne, OMC, multinationales -, et briser les tutelles intérieures – féodalités, centrales d’achat, oligopoles bancaires, oligarques de l’énergie -, les secondes jouant en direct avec la première pour prendre le pouvoir en étau. Aujourd’hui, le pouvoir est faible et le peuple malheureux. Pour restaurer un pouvoir non pas fort mais démocratique, j’entame un combat de libération nationale et j’en appelle à un gouvernement de salut public. Dans cette perspective, je me définis comme gaulliste mais peu importe l’appellation. Ma candidature est une candidature nationale, républicaine et sociale.

Le problème, c’est que, ce faisant, vous occupez un espace politique où vous n’êtes pas seul. N’y a-t-il pas un risque de brouillage entre vous et Marine Le Pen, d’une part, Jean-Luc Mélenchon, de l’autre ?

C’est à nous de créer notre espace. Aujourd’hui, DSK, Hollande, Aubry, Bayrou, Villepin, Borloo, Sarkozy, Hulot, Duflot évoluent dans le même marigot, proposant de fausses alternances. Les Français savent bien qu’elles ne résoudront pas leurs problèmes puisqu’aucun de ces candidats déclarés ou potentiels ne remet en cause le cadre qu’ils se sont imposés. Or, c’est précisément ce cadre qui interdit toute solution. Nous avons besoin d’alternatives politiques. La seule qui intéresse le système médiatique est celle que propose ou prétend proposer Marine Le Pen. J’entends, pour ma part, présenter une alternative gaulliste et républicaine. Quand à Jean-Luc Mélenchon, il oscille entre alternance et alternative. Du reste, s’il piétine aujourd’hui, c’est parce que les gens ont compris qu’il risquait d’être un rabatteur pour le candidat de la pseudo-alternance socialiste.

En somme, les seuls candidats du changement seraient Marine Le Pen et vous-même ?

Exactement. Et ce n’est pas par hasard si toute l’attention se focalise sur Marine Le Pen. L’UMP et le PS ne peuvent se maintenir au pouvoir qu’en jouant sur la peur que suscite, légitimement du reste, l’alternative représentée par le Front national. Voilà pourquoi je défendrai inlassablement un projet cohérent de libération nationale que je présenterai début juin à la nation. Les Français jugeront sur pièces. On voudrait nous enfermer dans le même piège que pendant la campagne du référendum de 2005 : personne ne contestait l’existence de différences considérables entre les partisans du « oui » alors que tous les défenseurs du « non » et d’une autre Europe étaient mis dans le même sac. Prétendre qu’il ne pourrait y avoir qu’une alternative, c’est, je le répète, se condamner aux éternelles fausses alternances.

Pour vous, le principal combat consiste à refuser la logique financière qui est à l’origine de la tutelle que vous évoquiez. L’un des exemples les plus frappants est ce que vous appelez le « scandale France Trésor ». De quoi s’agit-il ?

C’est un scandale, mais il n’a rien de secret : je l’ai découvert sur internet. France Trésor est une agence de Bercy chargée de gérer, c’est-à-dire de placer, la dette de la France. Son comité stratégique, autrement dit l’organe qui la conseille dans ses placements, est composé de banquiers internationaux qui en sont aussi les bénéficiaires ! C’est un peu comme si mon Conseil municipal, qui doit notamment décider des achats de la municipalité, était composé non pas d’élus mais de fournisseurs. C’est ahurissant ! C’est sans doute le plus énorme conflit d’intérêt que nous connaissions, car les sommes en jeu, c’est-à-dire le service de la dette, se montent à 50 milliards d’euros par an, soit presqu’autant que le budget de l’Education nationale. D’un côté on supprime des postes dans les hôpitaux, les commissariats, les écoles et de l’autre on paye des intérêts exorbitants à des banques privées qui ont pris le contrôle de notre dette. Or, cette situation est la conséquence de la loi de 1973 qui interdit à la Banque de France de financer directement le Trésor et qui a été sanctuarisée par les traités de Maastricht et de Lisbonne. En vérité, on a privatisé la création monétaire. La Banque centrale européenne prête aux banques au taux de 1%, et celles-ci prêtent à la France à 3%, et à la Grèce ou au Portugal à 7 %. Il s’agit d’un véritable racket de la richesse nationale organisé à grande échelle. Si on n’avait pas, depuis vingt ans, payé d’intérêts sur la dette – ou si on avait payé des intérêts raisonnables – elle aurait déjà été remboursée.

Peut-être mais n’aurait-ce pas été au prix d’une inflation bien supérieure ?

Je ne prétends pas qu’il faut faire marcher la planche à billets dans tous les cas, mais pour les grands investissements stratégiques, il est tout à fait naturel qu’on ne paye pas d’intérêt. C’est ainsi que le général de Gaulle est parvenu, entre 1958 et 1968, rétablir l’équilibre des finances publiques, en conciliant des budgets tout à fait raisonnables sur le plan du fonctionnement et des investissements dans la recherche d’environ 5 % du PIB. Or, nous vivons encore sur les retombées des programmes lancés à ce moment-là. L’enjeu est très clair : soit les gouvernements reprennent le pouvoir sur le secteur bancaire, soit notre pays entrera dans un cercle vicieux d’appauvrissement et de clochardisation. Parce que, pendant ce temps, la Chine et les Etats-Unis investissent massivement dans les technologies du XXIème siècle et nous prenons un retard colossal. Tant que ce système perdurera, nous n’aurons aucune marge de manœuvre pour investir dans la recherche, c’est-à-dire dans l’avenir, et donc, aucun résultat sur le front de l’emploi. Avec cette question du financement de la dette, nous sommes donc au cœur du réacteur nucléaire qui est en train de nous détruire.

Propos recueillis par Jérôme Leroy

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    • 14 Mai 2011 à 7h03

      eclair dit

      @isa,
      je vous le repete je ne suis ni militant ni encartés FN.
      Qu’en 2007 jai voté bayrou. Donc le vrai visage du FN faudra le chercher ailleurs que chez moi. D’ailleurs ce que je constate c’est que les ataques ad hominem de skardanelli vous les trouvez normales . La haine serait plutôt de votre coté à skardanelli et à vous isa.
      Petite question vous voyez quelqu’un du FN agonisant vous le laisseriez crever sur place? Vu vos propos je n’ai guère de doute que vous le laisseriez.

      Pour la géopolitique revue et corrigée. Desolé pour vous si vous etes completement abrutie par la médiocité de la généralité des médias.
      Mais cela fait déjà 5 ans que la plupart des revues économiques parlent de ça. Cela ne fait certes pas les gros titres mais c’est une réalité.

      Il y a quelques mois on a appris que pour la première fois depuis guerre que es USA ont émis plus de dollar à l’étranger qu’il en est revenu. le chiffre est faramineux pas loin de 300 milliards de dollar.
      Quand les échanges se font en dollar que font les pays vendeurs avec leurs dollar en trop ils achetent de la dette américaine.

      Mais si les échanges ne se font plus en dollar mais en d’autres monnaies cela signifie qu’il y a moins de preneur pour la dette américaine ce qui a pour conséquence de faire tourner encore plus la planche à billet américaine.

      Donc qu’un pays comme la lybie vendent son pétrole entre autre chose qu’en dollar son pétrole est une mauvaise chose pour les USA.
      Si de plus en plus de pays délaissent le dollar alors au final le dollar ne sera plus qu’une monnaie de singe et une grave crise économique qui laminera complètement l’économie américaine arrivera.
      La géopolitiqque c’est justemet de voir les toutes les raisons qui amenent à des conflits.

      Parce que si on compare bahrein à la lybie la grosse différence se fait là l’un vend exclusiement en dollar et l’autre non.

    • 14 Mai 2011 à 6h37

      eclair dit

      @skardanelli
      vu que vous semblez aimez les graphiques.
      en voilà un très joli qui montre mieux la réalité de l’inflation au niveau de l’immobilier. ou je devrais dire de la spéculation.
      http://www.bulle-immobiliere.org/forum/viewtopic.php?f=3&t=41876

    • 13 Mai 2011 à 21h52

      eclair dit

      skardanelli
      vous n’y comprenez décidement rien.

      Demandez à vos parents s’il y avait pas une inflation à 2 chiffres?

      En plus manière de montrer que vous ne comprenez rien.

      Qi l’inflation est de x% et le taux de la dette de X+2% cela n’aura pas été des taux d’interêt de 2% mais de X+2% mais après =le gouvernement viens vous expliuer que cela n’a été que 2%

      Voilà comment on fait avaler des lanternes..
      Cela signifie en réalité que vous avez permis aux rentiers de profiter de ces X+2% de taux d’interêts car à partir d’un certain niveau de richesse. l’inflation tu n’y est que très faiblement touché.

      La preuve de votre incommensurablement stupidité c’est que vous considerz que si tu as 1 million de franc ou 100euros tu est touché de la même manière par l’inflation.

      Et depuis le début vous êtes un petit stalinien en puissance à vouloir censurer. et attaquer les autres sans avoir d’idées seulement en sortant des poncifs ou des choses comme là le taux réel de la dette enlevé de l’inflation.
      Mais on croit rever avec de pareil démagogue.

      Et pour mon niveau d’études ne vous en faites pas il est très certainement supérieur au votre. La différence entre vous et moi ce que je ne m’en gargarise pas et je prefere des personnes moins cultivés mais qui elles au moins savent penser par elles même que des roquet comme vous qui se gargarise de choses qu’ils ne comprennent pas.

      • 14 Mai 2011 à 4h12

        isa dit

        On voit rapidement le vrai visage du fHaine.